mercredi 11 novembre 2020

Promenade en balcon dans le Val d'Inclès, en Andorre

 Les montagnes andorranes ont tellement à offrir qu'elles vous feront probablement changer l'image que vous avez de ce petit pays qu'on relègue à ses supermarchés. Le Vall d'Inclès, et ses vallées qui y débouchent, classé en réserve naturelle est parsemé de nombreux lacs : du plus grand du pays, celui de Juclar à des plus petits comme celui des salamandres. C'est le versant de ces derniers que nous sommes allés visiter. 

Photo 1 : Les lacs de la Salamandre. Au fond, la station de ski de Soldeu. Le 25/10/2020...

Photo 2 : Vue sur le vall d'Incles, en redescendant... Au fond à gauche, le pic d'Ascobes (2779m) et à droite les crêtes du pic de la Cabaneta (2818m).


Ainsi la vallée d'Inclés est protégée. Elle offre un profil en U caractéristique des vallées glaciaires. La montée du versant de sa rive droite boisée de pins débouche sur l'étage subalpin pastoral, vers 2200m d'altitude, parsemé de petits lacs que les nombreux itinéraires balisés permettent de visiter. Il y avait du monde en ce dimanche car il est facile d'y accéder depuis la vallée urbanisée. Et pour les habitants de ce petit pays, il est facile de les concevoir comme des parcs... C'est un luxe. 

Depuis le parking terminal à 1810m, il sera donc facile dans un premier temps de monter d'abord vers le port de Fontargente  (d'Incles pour les andorrans) qui marque la frontière avec la France à 2260 mètres pour admirer en contrebas, côté français, les grands étangs du même nom. En rebroussant chemin, on récupèrera la passerelle qui permet de traverser le ruisseau et d'aller vers l'étang de la cabane Sorda (2290m) et de sa cabane bien nommée. Vous n'y serez pas seuls... Mais vous comprendrez aisément qu'on ait envie de venir admirer cet étang encaissé dans ses hautes murailles qui tombent presque directement dans ses eaux. Pour d'autres ce sera aussi l'occasion de faire tamponner sa carte des refuges d'Andorre (un peu à l'image des étapes du chemin de Saint Jacques) avec les tampons à l'intérieur des refuges. En faisant une pause repas, vous observerez alors les versants alentours et ...

- Ohhh une marmotte!!!

-Où ça???

- Ah non c'est un oiseau...

Vous prendrez alors le chemin du retour par une boucle qui vous portera aux si jolis petits étangs des Salamandres (2350m) puis celui de Quérol (2300m) juste en dessous, avant de regagner par le HRP le fond de la vallée et ses champs de fauche... Tout au long de la dernière partie, la vue sera imprenable sur les massifs d'Ascobes et Siscaro, ainsi que la station de ski de Soldeu...

Vous vous direz alors à juste titre que l'Andorre n'est pas qu'une réserve de tabac et d'alcool... Vous serez peut-être tenté alors de descendre à la capitale Andorre la Vielha pour aller dans le vieux centre ville acheter un bouquin à la librairie La Puça... Vous y trouverez forcément quelque chose d'intéressant...


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jeudi 29 octobre 2020

Le Puig Sec (2665m) et sa vue imprenable sur le Canigo

 Le Puig Sec (2665m) dans le massif du Canigo offre une vue imprenable sur la face sud du Canigo, dont il est tout proche, mais également sur toute la côte languedocienne, les montagnes du sud du massif et celles de la Cerdagne au loin. En cette dernière journée d'avant le reconfinement, c'était aussi la dernière occasion d'aller récupérer un réchaud que j'avais malencontreusement oublié début juillet dans un éboulis au dessus du refuge Arago (et qui m'attendait là gentiment posé sur un rocher ...) et de prendre une dernière dose d'oxygène.

Photo 1: Le refuge Arago est au premier plan et le Puig Sec en arrière plan...


L'ambiance automnale a fait exploser les couleurs des feuillus mais aussi des pelouses bien jaunies. Depuis le sommet, vers le sud, on a aussi une vue sur l'ensemble des gourgs de cady qui sont de véritables petits lacs au pied du Puig del Roc Negre. L'ensemble était clairement harmonieux et on en demandait pas tant. 

Depuis le col de Jou à 1125m où on laisse la voiture, la montée est donc longue, passant par les refuges de Mariailles, à 1718m, et son magnifique point de vue sur la vallée que l'on a du remonter pour accéder au Puig Sec, et au refuge Arago, à 2123m, dans les derniers bosquets de pins. Au premier refuge, la vallée est resserrée dans une sorte de défilé et les arbres, des pins principalement, qui partent à l'assaut des versants, donneraient presque des touches d'Asie orientale. Juste plus haut, la vallée en auge, héritière des dernières glaciations apparait assez vite.


Photo 2 : Vue panoramique depuis le sommet du Puig Sec. De gauche à droite, on trouvera les sommets du sud du massif (Puig del Roc Negre, Puig Roja...) puis la vallée (vers l'ouest) qui aboutit au refuge de Mariailles et enfin la face sud du Canigo avec la crête du Barbet (2733m) à droite.


Photo 3 : D'un petit peu plus près, ça donne ça...
Photo 4: En redescendant, juste en dessous du col de Jou, vue sur l'itinéraire de la descente (dernière partie).




mardi 27 octobre 2020

La Tose du Pédourrés (2468m) au dessus de l'Hospitalet...

 En ce beau samedi 24 octobre, et dernier jour de chasse, nous n'étions pas les seuls à vouloir arpenter la montagne. L'objectif initial était le pic de Nérassol depuis l'Hospitalet près l'Andorre (09) mais comme le massif de ce dernier était parcouru par des isards que l'on pouvait voir à la jumelle depuis le la Cabane-de-la-Jasse-de-Brougnic, eux-mêmes potentiellement poursuivis par quelques coureurs de crête (enfin on ne les a juste qu'entendus...), nous avons finalement préféré aller vers la Tose du Pédourrés au-dessus du lac du même nom. Je ne suis d'ailleurs pas sûr que nous ayons perdu au change d'un point de vue du panorama qui reste très ouvert. De toute façon, la montagne appartient à tout le monde et on peut s'adapter pour cohabiter ensemble. La chasse n'est autorisée que 9 jours par an (en fait trois fins de semaine me semble-t-il...), étroitement encadrée, et courir après un membre d'une espèce animale, en aucun danger d'extinction, qu'il faut aller souvent chercher sur les crêtes ou sur des versants escarpés, sachant qu'on va le tuer pour le manger, ne me parait pas plus illégitime. La côtelette d'isard c'est bon...

Photo 1: En redescendant de la Tose du Pédourrés vers l'étang du même nom. Au fond, la Porteille du Sisca vers laquelle nous nous sommes dirigés...

Alors après une pause bien agréable au refuge de Brougnic (2080m), au dessus du barrage du Baldarquès (1980m) occupée par les bergers l'été, nous avons pris la direction de la porteille de Coume Vieille (2329m) au nord-est que nous avons laissé au dernier moment pour remonter sur le pic sur la gauche en montant par un couloir herbeux sans danger. Effectivement le panorama est vaste vers le nord puisqu'on peut voir de la plaine toulousaine à la plaine audoise avec la Montagne noire en arrière plan (et plus loin encore probablement sans les nuages...) mais aussi bien sûr une bonne partie des massifs de la haute vallée de l'Ariège. 

Photo 2 : Dans la vallée du Sisca, en redescendant et en se retournant lorsqu'on a passé le pla de la cabane de la Vésine. Au fond, on peut apercevoir de forme vaguement triangulaire le pic d'Ascobes (2779m) et à gauche le massif du pic de la Cabanette (2847m). Les deux sommets marquent la frontière avec l'Andorre. 


L'ambiance était encore pastorale puisque nous avons croisé le berger faisant une dernière tournée d'inspection même si les vaches étaient descendus déjà. Mais l'itinéraire que nous avons emprunté par la suite redescendant sur l'étang de Pédourrés (2165m) puis remontant par la porteille du Sisca (2440m) vers la vallée du dit Sisca pour revenir en boucle sur le village nous permettait de visiter les estives dont l'utilisation évolue au grès de la saison, passant de l'une à l'autre en fonction de la qualité de l'herbe... La Tose du Pédourrés offre un versant peu pentu qu'on ne serait pas étonné de voir parcouru par des skieurs une fois la neige venue...

L'ensemble se parcourra en environ 6 heures bien que ce que je raconte n'engage que moi...


Photo 3 : Depuis la porteille du Sisca, vue sur l'étang et la Tose du Pédourrés.



samedi 19 septembre 2020

le Mont Valier (2828m) en technicolor...

On a beau être déjà venu visiter cette montagne ariégeoise, le plaisir de la découverte reste intact... Le panorama exceptionnel sur la chaîne, la vue vertigineuse sur le glacier le plus à l'est des Pyrénées, la vue enchantée depuis les Estagnous (petits étangs à côté du refuge du même nom, celui-ci à 2240 m), les étangs rond et long et le Pic des 3 Comtes derrière, et la Maladetta encore derrière, le début de l'ascension dans la forêt le long de la rivière rafraichissante sauront réveiller les plus blasés. 

Photo 1 : Depuis les Estagnous, vue sur le pic des 3 Comtes (2689m) droit au fond..., à l'aller... avec les tentes louées par le refuge

Photo 2 : Au retour...

Photo 3 : Le fameux petit mais coriace glacier du mont Valier, vu depuis le sommet. Dans le livre de Pierre René "Glaciers des Pyrénées", vous apprendrez que le géologue germano-suisse Jean de Charpentier y fait déjà allusion en 1823. Son originalité réside dans le fait qu'il est le seul à être dans un massif qui n'atteint pas les 3000 mètres d'altitude, qu'il est le plus isolé de ses congénères pyrénéens et que son itinéraire d'accès est le plus long (sauf peut-être si vous sautez directement depuis le sommet...) et que du fait de sa position en zone d'accumulation sous le versant nord du sommet, il ne fond que lentement.


Photo 4 : En redescendant, enfin un peu de fraîcheur... Les lutins sont passés par là, en basket, sarouel et poncho... Les trous souffleurs ne sont pas loin...

De toute manière, mieux vaut ne pas l'être pour monter là-haut car le sommet se mérite. Du haut de ses 2838 mètres, s'il n'a pas le prestige d'un 3000 mètres, il en vaut bien quelques uns de par la longueur de son ascension qui débute sous les 1000 mètres d'altitude (940 mètres pour être précis). Et le Mont Valier reste bien même s'il n'est pas le plus haut, le seigneur du Couserans. Vous ne serez pas les seuls sur le chemin si vous entreprenez l'ascension mais comme tout le monde va au refuge pour dormir, vous trouverez peut-être la cabane des Caussis (à 1840 m) libre comme l'air et pourrez peut-être y passer la nuit seul... N'oubliez pas non plus un peu de liquide pour pouvoir déguster le coca dont vous aviez rêvé tout le long de la descente depuis le sommet...

Photo 5 : La cabane de Caussis et au fond à droite la crête de Paloumère