jeudi 14 octobre 2010

Pic des trois Seigneurs 2199m (Ariège)

La saison des myrtilles n'est pas tout à fait terminée...
Nous avions envie de profiter pour une dernière fois, des estives, avant la neige, de manger les dernières baies, surprises, puisque nous en avons trouvé quelques unes, disséminées. Les hautes altitudes, c'est presque fini, je crois bien pour cette année. Du sommet du pic des 3 Seigneurs (Le nom est issu de la légende selon laquelle les trois seigneurs des vallées de Massat, Vicdessos et Rabat les 3 seigneurs, se rencontraient sur la dalle plate en son sommet afin de débattre des droits des différentes vallées qu'ils administraient), à 2199m, qui a été notre objectif, nous avons pu observer la couche blanche à partir de 2800 mètres sur certains hauts massifs : du blanc et du marron -voire du noir de loin-, un peu plus sombres que d'habitude. Les couleurs chaudes sont en bas, qui viennent embraser les étages montagnard et sub-alpin du Couserans, au-dessus de Massat. C'est là que nous serons, forcément, le sachant d'avance.

L'altitude au sommet est modeste mais le dénivelé reste important puisque nous sommes partis du hameau de Carol, dans la commune de Le Port, à 1050 mètres d'altitude. La vallée est peu peuplée et les courageux habitants permanents se font rares. Apparemment, ils sont deux, nous a-t-on dit.
-Mais on ne vous dira pas où ils sont!
-Les cèpes?
Je ne sais pas s'il faut compter les divers tipis ou cabanes dans la forêt.

Photo 1 : Cela pourra éviter de descendre à Massat.



Le départ, pas trop matinal cette fois, nous laisse une impression presque tropicale, entre les lignes de crêtes qui jouent à cache-cache avec les nuages, la forêt encore verte à cette altitude (la luminosité aide à laisser cette impression) et la douceur des températures (je ne sais pas si Guillaume sera d'accord avec moi sur ce dernier point... j'accepte les mises au point!!!).

Photo 2 : On se dit qu'il faudra bien que le soleil se lève, hein!!! (photo de Guillaume).



Ce massif est une montagne que je connais bien mais je ne l'ai jamais gravi par ce versant et l'attrait essentiel en reste le passage au village pastoral (donc estival) des Goutets (voir photo ci-dessous) sur un promontoire, vers 1420 mètres d'altitude, à une petite heure de marche, au sortir de la forêt.

Photo 3: Une partie du village des Goutets. Tout au fond, derrière la ligne de crête, le col de Rose.



L'activité y semble encore bien présente mais le grand nombre de petites cabanes de pierres (certaines sont des orris), bien entretenues, ou en ruines, atteste d'une activité qui par le passé devait rendre la montagne bien vivante et peuplée. Je vous renvoie à M.Chevalier dont j'ai déjà fait allusion pour le pic de Nérassol.

Photo 4 : Une vue d'un peu plus près. Les maisons sont entretenues mais fermées. On y passerait volontiers l'été ici!!

Ici, la forêt cède la place aux pâturages mais on se rend bien compte que c'est un phénomène plutôt récent (à l'échelle historique) car la hêtraie en-dessous, est formée de "jeunes" arbres. Le col de la Pourtanelle (1789m), vers l'est, est à portée de tir et on s'y rend assez vite pour poursuivre, plein sud (donc en subissant les flux venteux qui viennent de l'ouest) le long de la crête. A partir de 2000 mètres, le vent nous rafraîchit, le sol est encore gelé, mais le sommet est vite là avec sa floraison de croix... Le panorama est vaste du pic Carlit, à l'est, au pic du Midi, en passant par le majestueux mont Valier. On aperçoit même les neiges de la Maladeta entre deux sommets. Les montagnes de l'Ariège sont bien visibles.

Photo 5 : Depuis le sommet, de gauche à droite, le massif du Montcalm (3078m), puis le mont Valier qui dépasse des nuages (photo de Guillaume).




Nous ne serons pas les seuls au sommet mais sa topographie permet de se protéger (du vent!), de profiter du soleil et donc de manger sa boîte de sardines tranquillement (enfin, sans la fourchette que j'oublie systématiquement), en profitant du paysage. On monte pour ça quand même.

La descente sera un vrai plaisir car les couleurs fauves des champs de fougères, et des myrtilliers, contrastent avec le vert tenace qui entoure le village de poupées des Goutets et nous font constamment face dans ce beau soleil. Il est impossible que cela sorte de notre champ de vision. C'est la fin proche d'une saison (pour le marcheur en ces contrées) et ça se fait en douceur. Guillaume aura juste à baisser les yeux pour préparer son omelette aux coulemelles, le soir (et éventuellement ne pas mettre les pieds dans le ruisseau...). Nous aurons marché 3+2 heures.

Photo 6 : Vue sur la face nord-ouest du pic des 3 Seigneurs. Nous étions sur la crête qui mène au sommet par la gauche. Il sera impossible de nous repérer dans le paysage grâce à nos tenues de camouflage: Guillaume en vert fluo, moi en orange!


jeudi 7 octobre 2010

Punta de Lliterole 3132m (Haute-Garonne)

A force, je vais finir par me demander si je pars en montagne pour ensuite écrire une page de blog, ou si la motivation est inverse!
Puisque Guillaume a l'air motivé et du coup motivant, cette fois-ci, on s'est donné un objectif qu'on peut qualifier, sans force modestie, d'assez ambitieux pour probablement une des dernières belles fenêtres de la saison dont on pourra profiter. Direction le luchonnais, parce que c'est proche, mais surtout parce que la vallée d'Oô offre de multiples possibilités de monter à 3000 mètres d'altitude et qu'ainsi on peut parcourir les étages successifs de la montagne pyrénéenne.
Après avoir passé la nuit sous la tente, sur le dernier parking au bord de la route, avant le terminus des granges d'Astau (1130 mètres), bercés par le carillon des ruminants, juste de l'autre côté de la rivière, nous sommes prêts, de bon matin, pour l'objectif que nous nous sommes fixés : le pic de Perdiguère (sur la crête frontière) à 3222m d'altitude, soit plus de deux mille mètres de dénivelé positif.
Autant vous le dire de suite, pour abréger le suspens, nous n'atteindrons pas le sommet car après le dernier col, la poursuite de l'itinéraire, à plus de 3050m, par un versant ombragé, avec un passage nécessitant de poser les mains, sur une pente quelque peu exposée, parsemée de neige et parfois encore verglacée, nous a fait rebrousser chemin pour ne pas prendre de risques inutiles, au retour notamment, en l'absence du matériel adéquat.
-Guillaume, tu prends le crampon gauche? Je prendrai le droit! A cloche pied, ça devrait passer!

Plus tôt dans la saison, cela n'aurait posé vraiment aucun problème. Un moment de lucidité? sagesse? maturité? ou la trouille? Je vous laisse choisir mais j'ai mon idée. Nous étions tous les deux sur la même longueur d'onde, et nous avons finalement rebroussé chemin sans aucun regret. Voilà l'essentiel.

Photo 1: Vue sur le pic de Perdiguère (3222m) au second plan, depuis le pointe de Literole (3131m). Les jambes ne sont pas encore si lourdes que ça!!!


Le beau lot de consolation nous a porté vers les deux pics de la crête à l'est, le pic Royo (3121mètres) sans aucune difficulté, depuis le col supérieur de Literole (3049m), puis la pointe de Literole (3132m), un peu plus loin, pas trop difficile. Le panorama est, de tout côté, de toute beauté avec les principaux grands massifs pyrénéens, dégagés par le flux de sud, dans ce beau ciel bleu. Le pic Posets (3375m), notamment, qui se montre derrière le portillon d'Oô, la face sud des Crabioules, le grand nombre de lacs glaciaires... Là, les photos deviennent nécessaires même si le mieux est d'y monter, évidemment. On peut alors y repenser après et se dire qu'on a pas besoin de fumer un joint pour se sentir décoller.

Photo 2 : Depuis la punta de Lliterole, de gauche à droite, le pic des Crabioules oriental (3116m), puis le Maupas (3109m), au centre sous le nuage, le massif de l'Aneto (3404m) et complètement à droite, le pic de Perdiguère. (photo de Guillaume)


Photo 3 : Depuis la punta de Lliterole, à gauche, le pic de Perdiguère, puis le pic Posets (3375m), le pic Seil Dera Baquo (3110m) et son glacier, enfin de gauche à droite, le pic des Gourgs Blancs (3129m), pic Gourdon (3034m) et pic des Spigeoles (3065m). Le pic Lézat (3107m) est bien à droite. Les connaisseurs reconnaitront au fond d'autres massifs parmi les principaux. (Photo de Guillaume)



N'allez pas imaginer non plus, après la confrontation des chiffres (bon, on a quand même marché neuf heures en tout) que le cheminement n'a été que labeur.

Photo 4 : Chemin carrossable jusqu'au lac du Portillon...



On se trouve probablement dans une des plus belles vallées des Pyrénées et chacun, selon son niveau, peut venir profiter. Des granges d'Astau, le sentier (d'abord piste) avale le dénivelé par gradins successifs: au bout d'une heure, on est au lac d'Oô (1504m), profitant de l'étage montagnard, une heure de plus et c'est le lac et refuge d'Espingo (1950m) au milieu des pâtures de l'étage sub-alpin, enfin, et là, ça se complique un peu, deux heures de plus, on arrive au majestueux lac du Portillon (2570m) et son refuge. La vue sur le cirque, les glaciers et les principaux sommets est déjà magnifique et on pourrait s'arrêter là.

Photo 5 : Il faut imaginer qu'il y a un siècle les glaciers arrivaient sur les rives du lac du Portillon. Au fond, la ligne de crêtes du Seil dera Baquo, avec au centre le pic Seil Dera Baquo (3110m).



Aujourd'hui nous avions décidé d'en découdre : nous avons donc contourné laborieusement le lac, au-dessus des falaises, poursuivant une sente cairnée, qui virevolte dans les débris, contournant une paroie sur la droite, par une moraine couverte de gravier et de rocher pour s'engager dans le vallon supérieur de Literole jusqu'au col (peut être le passage le plus pénible). C'est dans l'étage alpin. La suite, vous la connaissez.

Il faut toutefois reconnaître que la descente a été...interminableeeeeuu. Les jambes se faisaient lourdes sur la fin et quand nous repensions à la montée du matin, il nous semblait que c'était la veille. Mais les belles couleurs d'automne et l'arrivée nous ont fait oublier la difficulté : une vraiment très belle journée (je vais finir par vous blaser). Pour continuer un petit peu ...

Photo 6 : La saison des myrtilles est terminée.


jeudi 30 septembre 2010

Pic de Nérassol 2633m (Ariège)

Alors, nous y voici. Pour cette sortie, où j'emmène Guillaume, fraîchement débarqué de la capitale, il ne s'agit pas de se tromper! La météo sera encore le principal paramètre pour le choix final. A l'origine, on visait un 3000m (ça devient maladif) mais la seule fenêtre ensoleillée, nous a finalement porté vers la Haute-Ariège et les montagnes de mon enfance que j'étais bien content de lui faire découvrir et parcourir pour la troisième fois cette année.
L'itinéraire est donc un classique, même pour les randonneurs du coin, qui se fait tranquillement à la journée en moins de six heures de marche et un peu plus si on veut grimpouiller sur quelques petits pics qui nous observent.
Départ du village de l'Hospitalet près l'Andorre la plus haute commune de l'Ariège, à 1440 mètres d'altitude, dernière commune avant le supermarché, avec un ciel totalement bleu alors que le reste de la chaine est bouché (encore merci Météo-France). Le début de l'itinéraire jusqu'au pont des Pouzouilles (1740m) est sérieux et nous oblige à "ajuster" notre souffle au milieu des noisetiers, puis des vaches qui paissent là et semblent être quelque peu descendues suite aux dernières chutes de neige. Il en reste sur les versants nord à l'abri du soleil. L'ambiance sera clairement pastorale aujourd'hui, jusqu'au contenu du repas... Nous nous engageons dans la vallée du Sisca, laissant à droite le chemin qui arrive du Pédourrés, et qui sera pour le retour. Vous l'aurez compris, nous ferons une boucle. C'est d'ailleurs le circuit de la course en montagne (sans les sommets), organisée chaque année, fin Août, depuis vingt trois ans, dans un esprit très amical!

Photo 1: Pause désaltération et gastronomique (oui, l'eau a bon goût) sur le chemin du retour après le Pédourrés.



Nos pas et notre bavardage (peut-être moins intense avec l'altitude) nous portent au barrage du Sisca (2040m) où l'horizon commence à se dégager car jusque là, la vallée reste étroite. Les pâturages, jaunis en cette saison, rendent le paysage nettement moins austère et confirment la richesse de ces versants pour nos amis les ruminants. Le fond de la vallée est moins accidenté et on débouche sur un pla où le ruisseau s'étale en petits méandres. La cabane (ou refuge, choisissez) de la Vésine est posée à deux pas, accueillante, entourée de pelouse.

Photo : Le pla de la Vésine, avec la cabane, à gauche des deux rochers. Au fond, sur la première ligne de crête, on peut apercevoir un sentier, qui partant légèrement en travers du barrage du Sisca (mais celui-ci est invisible), porte habituellement (et depuis longtemps) les pas des animaux qui vont pâturer en début de saison sur le versant sud (et andorran) de cette crête, ou qui reviennent. Il est amusant d'étudier les circuits et l'utilisation ancienne de ces montagnes. Pour ceux qui sont intéressés (et patient, car le livre est "gros" et qu'il est difficile à trouver), "La vie humaine dans les Pyrénées ariégeoises" de M.Chevalier (en fait sa thèse de Géographie, 1956) est un régal.



On pourrait presque s'arrêter là et faire la sieste. L'endroit est paisible et me fait toujours le même effet, rassurant. L'impression que rien ne bougera.
On poursuit néanmoins pour arriver vers le fond de la vallée qui se présente sous la forme d'un cirque avec des sommets dépassants les 2700 mètres. Mais il n'a rien d'agressif (sauf en pleine nuit en cas d'orage...), même si l'ambiance reste sauvage. Par ici, les touristes se font un peu moins nombreux. Aujourd'hui, on ne croisera qu'un couple, presque à l'arrivée. Honnêtement, c'est aussi cela que je cherchais cette fois. La zone est occupée par l'étendue lacustre de l'étang du Sisca (2187m), matérialisée par son demi-barrage inachevé, sur lequel trône un abri (utilisable mais sans banquettes). Les parois du cirque se sont rapprochées et après environ deux heures de marche, nous allons virer à droite pour monter vers la porteille du Sisca à 2440 mètres d'altitude. La distance peut inquiéter mais en fait on arrive vite à destination, d'autant plus que les petits lacs d'origine glacière qui parsèment le paysage, se découvrent progressivement. On n'est pas stressé. Guillaume a l'air content d'être là.

Driinngg, téléphone, celui-la, je l'avais oublié.
-Oui, bonjour, c'est Brigitte Dupont de la banque, à Bordeaux.
-Ah, oui, bonjour,
-je vous appelle car je viens de recevoir un courrier que vous m'avez adressé l'autre jour. Je ne comprends pas pourquoi....
-blabla...(l'échange dure quelques minutes, au dessus des étangs)
J'explique, elle comprend pas tout, moi non plus, je m'énerve imperceptiblement (comme toujours...).
Finalement:
-Excusez- moi, en fait, je suis en montagne...
-Ah, vous êtes en montagne. Il fait beau? Car ici, on est sous les nuages. Ne vous inquiétez pas, je m'occupe de tout et j'envoie le courrier à la bonne personne. Bonne journée et profitez bien.

Photo : Allô, allôô... Au premier plan, à 2246m, un petit étang, en voie de comblement, dont je ne connais pas le nom (ni l'I.G.N. d'ailleurs), à quinze minutes à pied, de l'étang du Sisca, tout en longueur, au pied du pic de la Cabanette (2818m) enneigé. Derrière la ligne de crête, c'est l'Andorre.



Il fait bon, les nuages commencent à arriver. La porteille est atteinte et évidemment je branche Guillaume pour aller grimper sur le pic de Régalecio (2569m) qui est juste au-dessus et qui demande une certaine attention car les derniers mètres sont des blocs de granit qu'il faut escalader. On n'ira donc pas avec n'importe qui. Mais le panorama d'en haut, nous laisse admirer la face nord, un petit peu enneigée, du pic de Nérassol (2633m), face à nous et qui est l'objectif de la journée (Photo ci-dessous). Nous restons peu longtemps au sommet pour attaquer le vrai objectif.


En plus, j'ai faim depuis un petit moment, alors il me tarde d'y arriver. La dernière partie de la montée est sans difficulté et le sommet ressemble presque à un plateau. Le panorama est large vers le col du Puymorens, que l'on domine, et les montagnes de la haute vallée de l'Ariège et des Pyrénées-orientales. On peut prendre le temps (et on le prend) au soleil pour engouffrer les 300 grammes de fromage Bamalou (fromage de vache du Couserans). On est bien.

Evidemment, après avoir présenté ma conception de la randonnée dans ces montagnes à Guillaume (il est patient) tout le long de la montée:
-Bon (en grand connaisseur), tu vois Guillaume quand je viens ici, je prends jamais d'eau, jamais de gourdes. Il y a des ruisseaux partout alors j'y bois et je n'ai aucun problème. L'eau est bonne.
-...
Pause repas donc, après le bamalou:
-Dis donc Guillaume. Tu ne pourrais pas me passer un peu d'eau de ta bouteille?

La descente peut se faire sans soucis, en revenant sur la porteille puis en poursuivant vers l'étang du Pédourrés (2165 m) qui nous tend les bras.

Photo : Depuis le pic de Régalecio, vue sur l'étang du Pédourrés et la Tose du Pédourrés (2468m) au dessus.



Arrêt (multiples) pour boire l'eau des ruisseaux (comme un gosse, mais ça me va). On passe devant le barrage du Baldarquès (1970 m) et on plonge dans la vallée pour rejoindre l'Hospitalet. Voilà une belle course qui nous laisse un peu entamés mais contents. On a quand même marché un peu plus de six heures.



jeudi 23 septembre 2010

Pic du Midi de Bigorre 2872m (Hautes-Pyrénées)

En cette journée de manifestation nationale contre le projet de réforme des retraites, l'appel du grand air dans les montagnes, avec l'objectif préalable de grimper à 3000 mètres, a été le plus fort. Mais la plus forte est quand même restée la météo qui s'est présentée comme indiquée sur le site de météo France (qui se trompe rarement!). J'ai voulu quand même essayer... Du coup, je me suis rabattu sur le Pic du Midi de Bigorre (2872m) et bien m'en a pris car, même si la ligne de crête sur la frontière était bouchée (aucun regrets alors) et la plaine également, le panorama est probablement un des plus remarquables sur une grande partie de la chaine des Pyrénées.
La montée depuis le premier lacet du col de Tourmalet (1944m), proche de la cabane de Toué, jusqu'au lac d'Oncet (2254m), puis le sommet, a été une véritable promenade de santé.

Photo 1: Depuis le sommet, le lac d'Oncet et au fond, à gauche, le massif du Néouvielle (3091m), sur lequel il reste que quelques névés.



Le chemin est bien marqué et rejoint au lac, la piste venant du col de Tourmalet, qui aboutit quasiment au sommet. En deux petites heures (il faut probablement un peu plus), j'étais là-haut et je dois bien avouer avoir ressenti une joie certaine à l'arrivée alors que ce sommet nous surveille continuellement de presque partout où on se trouve du côté nord des Pyrénées. Il en devenait presque banal. Apparences bien trompeuses!

Photo 2: Le lac d'Oncet et le pic du Midi de Bigorre, et ...le chemin qu'il reste à parcourir.



J'ai donc fait un petit tour de ce qui est ouvert au sommet pour le randonneur avec les diverses plates formes panoramiques. On peut également monter par le téléphérique si on veut bien se trouver suspendu par 350 mètres au dessus des pâtures (et payer les 30 euros). Personnellement je préfère la marche à pied (hum).
On pourrait conseiller vivement à tout le monde cette ballade car quelque soit le niveau, on arrivera au sommet, en prenant son temps. Il n'y a absolument aucune difficulté technique et même une "aventure" seule me paraît sans risques.
Sur une grande partie de la descente, le massif du Néouvielle, au sud, attire le regard, ainsi que son ancien glacier sur le versant nord-est (il n'existe plus et en dix ans, même les névés éternels ont disparu).
En ce qui concerne l'observatoire au sommet, je ferai comme le Comte Henri Russel (Souvenirs d'un montagnard), à la fin du 19ème siècle, je n'en dirai rien, ou pas grand chose, vous renvoyant au site internet. Egalement, voici le lien pour un panorama plus complet, par un beau temps printanier. Ceci dit, ceux qui sont près à payer environ 150 euros la nuit pourront, en réservant quelques mois à l'avance, y dormir confortablement au chaud. Mais attention, en cas de forts courants d'air, il parait que la structure métallique du bâtiment bouge un peu, et que les lits, dixit un des techniciens de T.D.F. qui était là, fort agréablement bavard, ressemble davantage à un lit pour des marins en pleine tempête (bon, là c'est moi qui traduit). Peut-être pas à l'hôtel!
-Vous êtes montés travailler pour combien de jours?
-Là, je reste jusqu'à lundi. Je travaille ici depuis 1984.
-Dites-moi, on ne doit plus pouvoir s'en passer du Pic du Midi. Cela doit être comme une passion à force.
-Euh, non.
-Ah bon.
Les autres pourront, sans problèmes, bivouaquer un peu plus bas, vers l'ancienne hôtellerie aujourd'hui abandonnée, ou, éventuellement, sur une des terrasses et voir le lever et coucher de soleil.
La température, bien douce, m'a permis de prendre le temps de redescendre. On peut ainsi observer le bleu de seize mètres de profondeur du lac, créer une panique générale chez les marmottes (et certaines sont apparemment prêtes à passer l'hiver mais pas à courir un cent mètres!) et observer de près les vestiges et bâtiments pastoraux de cette vallée. Pour une descente hivernale, voir http...

Photo 3: Cabane de Toué. On est presque arrivé!



Les pelouses avaient un peu jauni mais l'ambiance pastorale, dans la station de ski, est bien présente.