samedi 29 mai 2021

Le pic de Nore (1210m), point culminant de la montagne noire et son fantastique panorama...

Le pic de Nore, à cheval sur les départements de l'Aude et du Tarn est un magnifique belvédère d'où le panorama est exceptionnel. Aujourd'hui c'était complètement bouché sur les Pyrénées, c'est d'ailleurs pour cela que nous étions là. Mais en même temps, il est bien dommage, finalement presque stupide, de galvauder cette sortie et d'en faire une seconde zone. Autant venir ici par ce qu'il fait beau sur les Pyrénées comme cela vous les verrez comme il faut, de manière assez majestueuse, du Canigou aux Pyrénées ariégeoises. Cependant, la vue restait belle sur la plaine de l'Aude, jusqu'à la mer, et au nord vers les Monts de Lacaune et le Caroux dans le Haut-Languedoc, mais pas au-delà car là aussi ce n'était pas clair. En contre-bas sur le joli village de Pradelles-Cabardes à 800 mètres d'altitude, point de départ de notre promenade, et sur l'ensemble de l'itinéraire parcouru, la vue était charmante.

Photo 1 : Le sommet du pic de Nore, avec sa tour de télécom construite dans les années 60, depuis la montée à l'aller. (Photo d'Amine)


Photo 2 : À la descente, vue plongeante sur le village de Pradelles-Cabardes depuis le Roc d'Astier (1060m)

Photo 3 : Dans le village...

Ce dernier terme de ballade est peut-être exagéré mais avec un dénivelé de 450 mètres pour un peu plus de 8 kilomètres de longueur, par une boucle depuis le village, qui monte vers le sommet par l'ouest et redescend par le sud, il reste assez proche de la réalité. L'itinéraire avait bien sûr d'autres attraits. Dès le départ, dans la hêtraie, on pouvait observer les vestiges des glaciaires construites au milieu du 19ème siècle et qui ont fonctionné pour la dernière jusqu'en 1930. On pouvait avoir l'impression de trouver là des vestiges d'une ancienne église romane perdue sous les arbres. La glace ainsi stockée dans des sortes de silos semi-enterrés, était ensuite emmené en plaine jusqu'à Carcassonne à pied par des porteurs, de nuit. Le chemin débouche ensuite sur les crêtes, ou plutôt des vastes espaces assez plats, qui mènent au sommet, dans un paysage plus dégagé, battus par les vents, dans lequel les bruyères, les fougères et les affleurements granitiques font de la concurrence à la forêt. Ce versant sud, méditerranéen, par lequel s'effectue la montée est nettement moins abrupt que l'imposant versant nord, atlantique, qui domine la plaine de Mazamet dans le Tarn. La montagne Noire est la partie la plus méridionale du Massif Central et le dernier élément du plissement et du soulèvement qui a suivi le rapprochement de la plaque tectonique d'Ibérie et la naissance des Pyrénées. Ce mouvement a fait remonter des roches plus anciennes, notamment des granites, des gneiss dont on voit les affleurements mentionnés plus haut. 

Photo 4 : La fameuse glacière dans laquelle il faut imaginer une voute de pierre.
L'ensemble du volume enterré était rempli de glace de neige, recouvert lui-
même d'un matelas de feuille de hêtre qui assurait l'isolation... 



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Ces paysages du pic de Nore, et  ceux des alentours, peuvent être retrouvés dans le film, comédie délicate et hilarante, des frères Larrieu 21 nuits avec Pattie

En tout cas, difficile de se perdre aujourd'hui. Tout est balisé depuis le village (GR36 au retour)

lundi 10 mai 2021

Dans le Cantal, un tour par l'élégant Puy Mary (1783m)

 Pour une première post-confinement 2021, je n'ai pas été le seul à penser que les montagnes du Cantal seraient le théâtre de verdure adéquat. Tout le monde connaît le Puy Mary et sa silhouette élégante, classé au titre de Grand Site de France, d'autant plus que depuis le col du Pas de Peyrol (1588m), il est très facilement accessible. L'aménagement en escalier de béton du sentier, sur la crête, suite à son érosion par la sur-fréquentation ne doit pas dissuader le promeneur à venir ici et observer depuis sa table d'orientation le fantastique panorama, notamment vers le massif du Sancy au nord. En effet, le sommet, est le centre d'un ensemble de cinq longues vallées glaciaires qui partent en étoile. Le massif du Cantal est le vestige du plus grand stratovolcan d'Europe et le relief plutôt horizontal autour du massif permet un panorama dégagé et lointain. Il sera alors facile de venir par une vallée et de redescendre par une autre et de faire partie des 500000 touristes qui montent là-haut chaque année. Évidemment ce n'est pas pour rien.

Photo 1: Au fond, le Puy Mary. Vue depuis le bas de la vallée de l'Empradine (photo d'Hélène)


Photo 2 : Il y avait du monde sur le chemin... 
- Houhou... Je suis làààà...

Au départ du hameau de la Courbatière à 1080 mètres d'altitude au nord-est, on peut remonter la vallée glaciaire de la Saintoire vers le col de Cabre à 1528 mètres par où passaient les troupeaux transhumants venants du sud Cantal, puis faire l'ascension du Puy de Peyre-Arse à 1806 mètres. En suivant alors la crête vers l'est globalement, le sentier aboutit, suite à un mur de corniche que l'on nomme les fours de Peyre-Arse, au Puy Mary par la fameuse brèche de Roland locale en référence à la Pyrénéenne. Cette ligne de crête est magnifique, surplombant le cirque d'Eylac encore assez enneigé du haut de la vallée de l'Impradine, dont le versant est ciselé par les nombreux ruisseaux et le plancher du cirque glaciaire occupé par des zones humides, aux alentours desquelles on observera de nombreuses marmottes. On bascule alors depuis le Puy puis vers le col du Pas de Peyrol. On rejoindra par la route à nouveau le refuge du buron d'Eylac, au col du même nom pour entamer la descente de cette vallée de l'Empradine. Ce que j'ai trouvé de très étonnant (et de beau), c'est de voir encore toute cette neige sur la face nord du Puy Mary, avec des congères qui viennent lécher la route qui coupe en travers le versant et qui était fermée jusqu'à la semaine dernière, ouverture tardive comme chaque année. Il s'agit là du névé de Miarou ou de l'aigle que quelques passionés s'amuseront à descendre en cette saison. On peut rappeler ici que le massif est une des montagnes les plus humides de France, avec 2500 mn de précipitation annuels.

Photo 3 : Le cirque d'Eylac avec la Brèche de Rolland au milieu. Les skieurs étaient sur ce versant...

Photo 4 : La partie supérieure de la vallée de l'Impradine. La Puy Mary est reconnaissable à droite.
 (Photo de Géraud)

Photo 4 : La dernière grange en remontant  la vallée de la Saintoire.


Si l'on retrouve des gentianes sur le fond des vallées, des forêts, l'ensemble est assez dépaysant pour un pyrénéen, car l'ambiance est plus nordique. Tout d'abord, le village de départ offre une architecture rurale originale avec ses bâtiments de pierres noires et ses immenses et majestueuses granges qu'on retrouvera dans les romans de l'écrivaine Marie Hélène Lafon. Sur la montée, peut-être aura-t-on la chance d'apercevoir des chamois, ceux que le loup, de retour dans les parages (le dernier aurait été abattu en 1930 d'après un homme avec qui j'ai discuté sur le chemin du retour), n'aura pas fait partir. Le bas de la vallée, à l'approche de l'arrivée de la boucle près de La Courbatière, au dessus de la Gravière, on observera un vieil effondrement du versant datant de la dernière période glaciaire avant de passer devant la Maison Saury, classé aux monuments historiques avec sa façade d'inspiration bourgeoise du 18ème siècle, ornée de décors inspirés de l'art populaire. On rappellera aussi que les premiers projets de station de ski alpin dans le Cantal étaient destinés à cet vallée, fort heureusement épargnée. On peut alors regretter simplement les neiges d'antan et les courses de ski de fond qui avaient aussi lieux dans la vallée. 

Photo 5 : L'itinéraire sur une pancarte à La Gravière

Pour aller plus loin, on peut toujours lire la surprenante bande dessinée d'Étienne Davodeau Le droit du sol dans lequel l'auteur et narrateur relie en marchant deux lieux des peintures rupestres de Pech Merle dans le Lot au site du projet d'enfouissement des déchets nucléaires à Bure dans la Meuse. En passant, vous reconnaitrez quelques éléments de la photo 3 notamment...

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Voilà la montagne du Cantal est un vrai enchantement. Merci G. et H.




lundi 29 mars 2021

Ski de printemps au pic du Midi de Bigorre (2872m) ...

 Le pic du Midi de Bigorre (2872m), dans les Hautes-Pyrénées, est célèbre pour son observatoire construit à son sommet à partir des années 1870 et il est visible à des kilomètres à la ronde avec son antenne télé de 102 m de hauteur qui le chapeaute. La majorité des gens y monte par l'impressionnant téléphérique (mais là c'est fermé...) depuis la station de ski de La Mongie, pour son formidable panorama, peut-être le plus beau des Pyrénées. D'autres y vont également pour redescendre à ski de randonnée le versant sud car c'est un grand classique dans la chaîne. La montagne est fréquentée, et... depuis des lustres aussi par les bergers. On a retrouvé également (mais c'est pas moi) des pointes de flèches datant du néolithique col de Sencours.... En cette fin de mois de mars, avec un enneigement à partir de 1700-1800m, et des chaleurs presque estivales, on se serait cru au début du mois de mai ou au retour d'une expédition lointaine sous les tropiques. 

Notre itinéraire a débuté ski aux pieds à la station de ski de la Mongie jusqu'au col du Tourmalet où nous avons chaussé les crampons jusqu'au sommet, en suivant la piste qui surplombe le lac d'Oncet pour déboucher au col de Sencours et entamer la partie finale de l'ascension qui m'a fait un peu comprendre que je n'étais pas en si grande forme que ça... Juste en dessous du sommet, le déneigement d'une partie de l'itinéraire nous a obligé à déchausser sur une cinquantaine de mètres avant de repartir et de basculer sur la vallée de la Coume du pic, plein est, à partir du sus-mentionné col de Sencours, pour aboutir en aval de la cabane d'Arizès par une ultime coulée de neige préservée et skiable. Nous étions seuls. La descente fut tellement délicieuse dans cette neige de printemps que la dernière petite heure de portage, en passant par les jolies cabanes de Tramazaygues, jusqu'au parking au dessus d'Artigues dans la vallée de Campan fut elle aussi un plaisir : on pouvait régulièrement se retourner et admirer la belle montagne qu'est ce pic du Midi qui domine assez nettement cette vallée. Alain notre guide a ensuite pu ramener nos chauffeurs-skieurs vers le point de départ pour récupérer les voitures. Et comme il m'a dit "belle journée avec une bonne équipe!".

Photo 1: Depuis le col de Sencours à 2378m. Encore 500 mètres à gravir (mais aussi à descendre...)


Photo 2 : Lors de la descente par a vallée d'Arizès, en se retournant. On sent une présence derrière soi, un peu comme volcan parce que cette montagne semble si vivante.

Photo 3 : Le massif du Néouvielle est donc devant et à droite les hauteurs de Gavarnie et du Mont Perdu.

Nous n'étions pas nombreux à être partis de La Mongie, ce qui n'était pas le cas de l'autre côté du col de Tourmalet (versant de Barèges), où les voitures garées le long de la route et les files de skieurs parties à l'assaut des cimes étaient plus nombreuses également. 

Photo 4 : La vallée de la Coume du pic

 Ce que j'ai trouvé exceptionnel en même temps que le plaisir évident de skier dans la neige de printemps (et il me semble que le ski de randonnée c'était d'abord du ski de printemps, et qu'il n'y a pas que la poudreuse dans la vie), c'est de le faire dans un cadre avec un panorama si exceptionnel, si ouvert sur un versant qui domine tant les autres autour. La vue embrasse quasiment tous les grands massifs pyrénéens, à commencer par le beau Néouvielle devant et le complexe Gavarnie-Mont Perdu juste derrière et du sommet en regardant vers le nord, c'est la plaine et le piémont. Le départ de la descente, lorsqu'on s'élance, est assez magique.


Photo 5: Au col ...

Pour ceux que cela intéressera, 5 heures de montée et 1100 m de dénivellation. Mais au fond, je m'en fous un peu...

Bien plus intéressante, sera la lecture du petit livre de J.C.Sanchez, aux éditions Cairn, Petite histoire du pic du Midi de Bigorre.

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vendredi 19 mars 2021

Le Montsegu (2354m) sur les hauteurs des Agudes

Ceux qui ont l'habitude de fréquenter les stations de ski, connaissent la fameuse piste de la vallée blanche à Peyragudes, du côté des Agudes, en Haute Garonne. Celle-ci aboutit dans un virage sous la station, et son accès débute avec le télésiège de Serre Mourène. La moitié inférieure de la vallée est ainsi skiable. En montant au sommet du Montsegu par la crête qui sépare les deux domaines et passant par son point culminant le Cap des Hittes à 2368 mètres, on peut visiter et skier dans les combes du haut dans la partie supérieure de cette vallée. 
Sur le site de géoportail, le Montségu apparaît comme le point culminant à la place du Cap des Hittes, ce qui est le contraire sur ma vieille Top 25. En ce jeudi 18 mars, à cause de l'enneigement déficient, seule la partie supérieure pouvait être descendue jusqu'au lac du Laouay et un peu plus bas à peine. Mais la neige était bonne et les combes séduisantes. En fait, il s'agit d'une très belle descente.
Vers le sud, on peut observer la crête des 6 pics qui ferme la vallée et qui constitue pour des personnes très aguerries un bel objectif, ce que l'on constatera ce jour avec la trace d'un couple virevoltant. 

Photo 1: À mi descente.


Photo 2 : Du point culminant de l'itinéraire. Le départ de la descente se fait entre les deux sommets de la crête. Au fond, le pic de Nord Nère (2854m).


Photo 3 : Depuis la station de Peyragudes, au premier plan le télésiège de Cap de Pales. L'itinéraire à la montée rejoint le dôme au second plan (point culminant de l'itinéraire) avant de redescendre de l'autre côté. Il remonte ensuite à l'arrivée du téléski pour faire une boucle d'environ 1050 mètres de dénivellation. La crête des 6 pics est à gauche.

    On fera juste pour commencer la descente une petite faute de carre et vérifier que la poudreuse est bien là, confortable au moment de la chute... Oui elle est bien là... 

Merci T... pour cette journée.