dimanche 31 juillet 2022

Le Piton de la petite rivière noire (828m), point culminant de l'île Maurice

À regarder l'altitude on se dit que ce n'est pas un exploit que de gravir cette montagne. S'il est vrai que l'ascension ne relève d'aucune difficulté, la beauté du panorama depuis le sommet vous rappellera la vraie raison de votre escapade. La vue sur le Morne Brabant juste à côté, ses lagons et sa côte sublimes mais aussi les montagnes autour de Port Louis la capitale au loin au nord, vous feront penser que si on vient à l'île Maurice surtout pour ses plages, on n'oubliera pas de penser que ses petites montagnes (surtout en comparaison avec celles de l'île soeur voisine de la Réunion) valent franchement la visite et sauront agréablement vous divertir pendant votre voyage. Cette petite île de 1865 kilomètres carrés est un ancien volcan (d'où les sols noirs en basalte principalement) très largement érodée dont il reste quelques formes de relief qui sont les montagnes d'aujourd'hui. Mais celles-ci restent présentes dans l'imaginaire car de toute façon, lorsqu'on regarde les vieilles gravures de Port Louis notamment la capitale, celle-ci est représentée, notamment celles du musée Blue Penny dans la capitale, toujours avec son amphithéâtre montagneux et ses sommets (autres montagnes importantes de Maurice, le Pouce et le Pieter Both).

Photo 1 : Depuis le sommet, la vue sur le Morne Brabant (555m d'altitude) en haut à gauche est un des éléments déterminants pour monter tout là-haut. Au delà, de la beauté de ses eaux turquoises qui l'entourent, celui-ci est célèbre car il est classé au patrimoine mondial de l'humanité sous le nom de "Paysage culturel du Morne" et est connu comme ayant été un lieu de refuge des esclaves marrons qui fuyaient l'oppression esclavagiste et dont un des mythes locaux est le suicide collectif au sommet d'esclaves pourchassés préférant la mort plutôt que le retour à l'esclavagisme...


Photo 2 : La vue sur le sommet du Piton de la petite rivière noire depuis la route, peu à après la distillerie. Il s'agit là plus ou moins du versant sud. En gros on monte par la crête de gauche, pour descendre par celle de droite...

Dans beaucoup de présentations que vous aurez trouvées, il sera indiqué que la dernière partie de l'ascension, les 30 derniers mètres en fait, est difficile, mais vous en jugerez par vous même. S'il est vrai que mes paroles n'engagent que moi, il s'agit juste d'un passage dans lequel le sentier effectivement se relève franchement, mais que la difficulté vient essentiellement de l'érosion due aux précipitations nombreuses qui rendent effectivement le sentier assez glissant, en délitant quelque peu le sol mais que des cordes installées là vous aideront à franchir plus aisément. Il n'y aura pas en soi de difficultés techniques. 

Photo 3: Le voici le passage problématique... et un peu derrière...

Il existe plusieurs itinéraires pour la montée et j'ai choisi de monter par celui au départ du village de Chamarel et du petit col (vers 300 mètres d'altitude) tout près sur la route qui rejoint Grand Case Noyale et de redescendre par l'autre qui arrive (ou qui part) un peu plus haut sur la route de la Plaine Champagne, 500 mètres avant le point de vue sur les gorges de la petite rivière noire. Il y a une borne en pierre qui y marque le début de l'itinéraire. Le seul inconvénient sera qu'il faut une bonne heure de marche le long de la route pour revenir au village et à l'arrêt du bus qui vous ramènera à Baie du Cap puis à Port Louis. Le sentier au départ du col part juste à côté d'un portail vert (à gauche quand on est de face), et on peut facilement passer devant sans le remarquer. Rien n'est indiqué et le chemin n'est pas balisé. À un moment donné il faudra tourner à gauche (une branche au sol barre symboliquement le chemin) dans la forêt. Couvert du début à la fin dans la forêt, l'itinéraire rejoint la voie normale sous le sommet, peu avant le passage terminal. Pour redescendre, on suivra donc le cheminement normal, un peu boueux en ce mois de juillet 2022, qui passe à côté d'une borne marquant la limite entre deux districts (visiblement postaux car dessus il y a d'écrit Post district 1978...) et aboutit sur la route vers 500 mètres d'altitude. Au sommet, un banc peint aux couleurs du drapeau mauricien a été installé pour permettre de profiter du panorama en toute tranquillité, au milieu de la forêt au coeur du parc national de la petite rivière noire

Photo 4 : L'entrée de l'itinéraire normal qui pour nous (enfin moi car j'étais seul...) était la sortie...


Une fois retourné sur la route, après peut-être 3 heures de marche, vous passerez devant la distillerie du célèbre rhum Chamarel qui fait face aux champs de canne

Photo 5 : Bon parce que tout au long de l'itinéraire, on a la possibilité de bénéficier de ces panoramas et de ces visions de rêve sur l'environnement du Morne Brabant. Et que franchement je ne m'en suis pas lassé... (il aurait fallut être un peu blasé...)




samedi 11 juin 2022

Pic de la Coma Pedrosa (2943m) plus haut sommet de l'Andorre.

 Le pic de la Coma Pedrosa avec ses 2943 mètres d'altitude est donc le plus haut sommet d'Andorre et il domine la vallée d'Arinsal de manière abrupte. On voit d'ailleurs depuis le sommet le parking en contrebas où on aura laissé la voiture. Commençant dans la forêt de pins, son ascension d'environ 1400 mètres de dénivellation ne présente pas de difficultés techniques (ça n'engage que moi) car il suffit de suivre le sentier balisé du GR11 jusqu'au dessus de l'estany negre (étang noir) puis prendre à droite jusqu'au sommet, bien visible alors, l'itinéraire que vous aurez choisi car il y en a plusieurs et ils sont bien visibles eux aussi (environ 7 h, 4+3 aller/retour). Cet étang à 2627 mètres d'altitude, d'une superficie d'1,5 hectare et d'une profondeur maximale de 16 mètres, d'après lacdespyrénées.com, est l'un des plus hauts de la principauté.

Photo 1 : Depuis le sentier montant au pic de Baiau (2881m), vue sur la face ouest et voie normale vers le pic de la Coma pedrosa. L'estany negre est en dehors de l'image, hors cadre (...), à droite.

Le panorama est assez large et beau puisqu'il court du pic Carlit dans les Pyrénées-orientales vers l'est au massif de la Maladetta bien visible en ce jour, du Luchonais (et probablement du Néouvielle) vers l'ouest. Enfin, au nord la plaine toulousaine et la montagne noire sont assez bien visibles, tout comme les pré-pyrénées catalanes. Surtout il permet d'avoir une vision d'ensemble sur presque toute la principauté d'Andorre, et ça c'est pas mal aussi. 

Photo 2: L'estany negre, à 2627 m. Encore englacé... C'est sur qu'on est que le 10 juin. Avec ce changement climatique, les rhododendrons sont déjà bien sortis, avec pratiquement un mois d'avance.

Photo 3 : Basses d'estany negre juste sous l'estany negre. Au fond, sur la ligne de crête la portella de Sanfonts.

Étant donné son statut de plus haut sommet, ne vous attendez pas à y être seul, surtout l'été. Mais l'ambiance, comme à chaque fois que j'ai pu y aller, m'a toujours paru agréable et chaleureuse presque comme dans une bodega. Et aujourd'hui, nous n'en aurons pas trop voulu à celui dont la sonnerie du téléphone a retenti avec just a perfect day de Lou Reed. C'est vrai qu'il faisait beau, presque un peu chaud même. Mais cette chaleur nous l'avons évacué dans la descente avec une baignade inattendue et heureuse dans l'eau, si claire et fraîche comme il fallait, de l'estany de les truites, en catalan, (à 2 minutes à pied du refuge de la Coma Pedrosa), qui porte si bien son nom (quelques truites fario venaient à la surface et le long de la rive). Quand nous avons vu la clarté et la beauté de l'eau entre le vert et le bleu, comme souvent en Andorre, je n'ai pas résisté. Et hop un petit plongeon... Si vous voulez un peu de solitude vous pourrez toujours grimper au sommet voisin le pic de Baiau (2881m) distant de 300 mètres du pic de la Coma pedrosa (à vol d'oiseau bien sûr hahaha...), avec vue sur les étangs du même nom sur le versant espagnol. Ce que j'ai aimé aussi c'est d'y trouver le patrimoine pastoral d'altitude en partie restauré et mis en valeur.

Photo 4: Estany de les Truites, à deux pas du refuge de la Coma pedrosa vers 2250 mètres d'altitude.

On pourra toujours alors rappeler que la première ascension documentée de cette montagne date de 22 septembre 1858 par une commission hispano-andorrane chargée de délimiter la frontière. On pourra ajouter également que Coma veut dire en catalan vallée, ici vallée glaciaire servant de pâturage d'estive, et que pedrosa vient du latin pierre. Finalement ce serait donc le "pic au dessus de la vallée pierreuse". En tout cas, situé dans le parc naturel communal de la Coma Pedrosa, d'une superficie d'environ 15 kilomètres carrés, cet espace est directement accessible depuis le bas de la vallée en transport en commun (ligne 5). La principauté d'Andorre, densément peuplée dans ses fonds de vallées, est moderne...

Photo 5: Au niveau de l'embranchement vers le refuge, au niveau du collet de Coma pedrosa, on peut apercevoir sur l'autre rive les vestiges pastoraux restaurés par la commune de La Massana. La cabane est construite selon la technique ancestrale de la pierre sèche et l'enclos à côté sert à garder les bovins en cas de problèmes météorologiques notamment. En Andorre, d'une manière générale, le patrimoine pastoral d'altitude est préservé et restauré.

Photo 6: Fin de printemps...

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lundi 23 mai 2022

Le Pic (ou puig) des Bésineilles (2632m) en boucle depuis l'étang des Bésines.

Le jaune des genets en fleur était omniprésent ce samedi sur les versants au soleil et contrastait avec toutes les nuances vives des verts des arbres de la vaste forêt qui peuple cette belle vallée des Bésines en Haute Ariège. Les influences méditerranéennes y franchissent aisément les crêtes catalanes avec ses pins à crochets, parsemant ainsi la partie supérieure de la vallée. À cela on ajoutera le vacarme vrombissant des torrents dont le débit printanier était assez impressionnant. 

Photo 1: En aval de l'étang des Bésines, vue au fond de la vallée du pic des Bésineilles.

La vallée des Bésines était donc l'endroit idéal pour fuir des chaleurs estivales devenues printanières. Au départ de l'Hospitalet près l'Andorre (1440m) plus haut village ariégeois, en remontant la vallée boisée des Bésines, on arrive vite à l'étang et barrage du même nom (1976m) sur la commune de Mérens les Vals. À partir de là, le pic des Bésineilles est en ligne de mire au fond de la vallée sur la crête frontière avec le département des Pyrénées Orientales, et on pourra choisir d'en faire l'ascension par un itinéraire qui forme une boucle. On montera ainsi par le sud et les jolis étangs de Moulsut pour redescendre au nord et rejoindre le col de la Coume D'Agnel à 2487m reprenant ainsi le GR10 qui nous ramène à l'étang en passant par le refuge gardé des Bésines. L'ascension s'est faite hors sentier sur un versant un peu raide au milieu des névés tandis que la descente sur la coume d'Agnel était plus douce.

Photo 2: Depuis le sentier qui descend depuis le refuge, vue sur l'étang des Bésines, bien rempli ce jour,  et la crête de la Soulane d'Andorre tout au fond. Sur la rive gauche du ruisseau des Bésines, sur l'ombrée, le bois long (composé essentiellement de pins à crochet, parsemé de bouleaux, sorbiers et landes à rhododendrons pas encore en fleurs) aujourd'hui symbolise bien la phase de reconquête de la forêt, autrefois utilisée pour le charbonnage, sur des zones de pâture beaucoup moins fréquentées. À droite, au pied du versant de la rive droite, sur la Jasse (endroit où se réunissait le troupeau pour la nuit) du Pla, on pourra noter l'ancien refuge des Bésines, aujourd'hui simple cabane pastorale. L'activité pastorale se situe principalement aujourd'hui sur ce versant de la rive droite.

Depuis le sommet, la vue portait vers l'est jusqu'au Canigou qui se plaçait dans le prolongement de la vallée de la Grave au nord du pic Carlit bien visible de l'autre côté de l'étang du Lanoux, assez vide. Cette partie de la haute vallée du Carol était encore bien enneigée. Vers l'ouest, le pic d'Auriol bouche un peu la perspective mais l'ouverture de la vallée permet d'avoir une belle vue sur la crête de la Soulane d'Andorre.

Photo 3: Depuis le sommet, vue sur le massif du pic Carlit (2921m) au centre et point culminant des Pyrénées orientales. L'étang du Lanoux, avant d'être rehaussé par un barrage achevé en 1960, était déjà, le plus grand lac des Pyrénées.

L'ensemble n'est pas vraiment difficile (aller jusqu'à l'étang des Bésines peut être un but de ballade familiale en à peine deux heures), certains le trouveront un peu long depuis l'Hospitalet mais par temps clair, franchement c'est assez facile de s'y retrouver et cela permet un bon exercice de lecture de carte topographique ou simplement de recherche d'itinéraire à vue in situ. On n'a pas toujours besoin de ces conneries de GPS...

On se mettra presque à regretter l'enneigement qui ne permettra pas de voir l'eau cristalline des étangs de Moulsut encore gelés, mais c'était pratique pour la descente au retour dans le vallon de Coume d'Agnel. On reviendra, ce n'est qu'à 3 heures de marche (même pas probablement...) 

Photo 4 : lLes étangs de Moulsut adossés au versant du pic Pédrous (2842m). Avec de vieux souvenirs automnaux, on se remémorera la clarté des eaux. Pour y accéder, on laissera le sentier du GR10 au niveau de la jasse de Besineilles pour suivre des sentes de bétail qui coupe les rhodoraies qui ont nettement colonisé le versant de l'ombrée (au nord) depuis quelques décennies.


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dimanche 1 mai 2022

Même à Lisbonne, de toute façon à la société de géographie...

 Même ailleurs, à l'heure du tourisme de masse dans la capitale d'un pays voisin et ami, le Portugal, on trouvera encore à s'étonner de trouver dans un lieu remarquable, discret et très peu fréquenté, le musée de la société de géographie (Museu da Sociedade de Geografia de Lisboa), une intéressante exposition de photos nous rappelant le passage clandestin, à pied avec leur valise, des immigrés portugais à travers les Pyrénées pour se rendre, pour certains, dans les bidonvilles de la banlieue parisienne d'alors, vers une vie espérée meilleure. Le voyage durait en général environ trois jours. C'était en 1965. C'était hier et pourtant ça parait loin. L'exposition s'intitulera Le regard engagé, avec les fils des grands découvreurs et les photographies sont du photographe haïtien Gérald Bloncourt. Elle se trouve dans la salle Algarve du bâtiment, juste avant le grand planisphère mural illuminé des grandes découvertes (lorsque la lumière générale de la salle est éteinte, cela fait son effet...).

Photo 1 (de Frida) : Dans la salle de l'Inde, les deux énormes globes terrestres Coronelli, le premier au premier plan pour la voute céleste, et le second pour la terre.

Ce musée montre principalement des objets ethnographiques des colonies qui constituaient l'empire du Portugal au 19ème siècle (Angola, Mozambique, Macao, Timor, Goa...) qui sont exposés pour certains dans des vitrines qui entourent la vraiment magnifique salle de conférence de la société de géographie, la salle Portugal qui est le coeur du musée. Dans la salle des Patrons, juste avant, on trouvera également des objets datant des premières découvertes sur la côte africaine, à la fin du 15ème siècle, et notamment les fameuses stèles de pierres surmontées d'une croix ou des armes du Portugal et comportant une inscription, placées par les explorateurs, et appelées les Padrao. La plus ancienne date de 1482 et avaient été placée à l'embouchure du fleuve Congo. En les voyant, j'ai vraiment eu l'impression de revenir dans le passé. 

Avec la visite commentée gratuite, on vous accordera aussi le privilège d'entrer dans la bibliothèque de renommée internationale et de vous montrer peut-être quelques vieilles cartes de l'époque des grandes découvertes parmi les pièces de cette riche collection de plus de 230 000 titres...

Voilà, dans la rua Portas de Santo Antão 100, à deux pas du Hard Rock Café, en poussant la porte d'entrée du musée qui ne paye pas de mine, vous serez accueillis notamment par la peinture gigantesque du peintre Salgado représentant Vasco de Gama en Inde, sans savoir ce qui vous attend vraiment (enfin maintenant un peu plus tout de même...).