jeudi 14 septembre 2017

Pic de Tristagne (2878m) par l'étang Fourcat et les myrtilles


Photo 1 : Au sommet du pic de Tristagne (Tristaina en catalan) à 2878m. Au fond, derrière le massif du Montcalm (de droite à gauche, le Montcalm, Verdaguer, la pique d'Etats et la Punta Gabarro, tous à plus de 3000m)


Voilà, un sommet (Tristaina en catalan d'Andorre du latin tria stagna trois étangs, d'après le Diccionari catalans-valencià-baléar de l'Institut d'Estudis Catalans), qui par son accès ariégeois au nord, le parking de la centrale électrique de Pradière, à 1150m, dans la vallée d'Artiès, en amont d'Auzat, nécessitera une longue montée. Mais le visiteur sera récompensé par le grand nombre de plans d'eau, naturels ou pas, qu'il pourra visiter et le vaste panorama du pic Carlit à l'est, à l'Aneto à l'ouest. Alors même si l'itinéraire comporte quelques sévères raidillons (entre l'étang d'Izourt et le refuge de l'étang Fourcat), on sera content car il m'a semblé que cet étang Fourcat était imposant de par sa superficie et sa profondeur supposée et le bleu profond de ses eaux. Le Petit Etang Fourcat, juste au dessous, n'était pas en reste avec son bleu tropical ce jour-ci. Le pic de Tristagne les domine au sud, et depuis la crête qui mène à ce dernier, la vue sur le versant andorran au sud et les lacs de Tristaina (on ne voit que les deux plus hauts, l'étang de Tristaina, et celui du milieu, et la station de ski d'Arcalis en face) est un enchantement. Mais pour cela il faudra d'abord grimper à la porteille sur la ligne de crête frontalière à 2680m par une sente balisée bien raide et souvent un peu croulante, puis suivre cette ligne de crête vers l'ouest. Ligne de crête sur laquelle on posera parfois les mains.

Photo 2: le gispet a dû avoir un peu "frais" pendant le dernier week end neigeux.




Photo 3 : L'étang Fourcat, à 2410 m. Au fond, le refuge gardé qui doit fermer ce vendredi. Vue depuis la pointe sud du lac. Dans le dos du photographe, le chemin qui part vers la porteille menant au sommet.
Alors même si le chemin est long, en cette saison, avec une météo stable on pourra passer la journée complète dans la montagne. On aura peut-être l'occasion ainsi de voir en fin de journée alors que l'ombre a déjà gagné le fond de la vallée, à deux pas au dessus de l'orry de la Caudière, quelques isards mangeant paisiblement dans les champs de myrtilliers (et il y en a encore).  Enfin le passage au barrage de l'étang d'Izourt permettra de se rappeler de la tragédie ayant entraînée la mort de 31 personnes (dont 29 italiens) en 1939 lors de la construction du barrage.
Peut-être faudra-il compter quatre heures pour le refuge, puis 3h A/R pour le pic (horaire donné au refuge), et donc vous calculez pour redescendre, ah ah ah ... Mais du coup, sur ce versant vous serez quand même probablement plus tranquille que sur l'andorran où il faut à peine une heure pour monter à l'étang de Tristaina depuis le parking de la station.

Photo 4 : Au premier plan, l'étang de Tristaina  

Photo 5: Vue depuis les alentours de l'Etang Fourcat. Au fond, au centre, la porteille, avec comme un névé (mais s'en est pas un) sur la crête/frontière menant au sommet à gauche.



Photo 6 : En redescendant, au dessus de l'étang d'Izourd. (Photo de Vincent)

jeudi 7 septembre 2017

Pic de la Frondella occidental (3001m), pas si simple en fait.

Le pic de la Frondella occidental, en Aragon, est le sommet de plus de 3000m le plus à l'ouest de la chaîne des Pyrénées, dans le massif du Balaïtous. Dans Le guide des 3000 de L.Alejos, il est coté facile plus. C'est vrai que jusque sous la partie finale, ce n'est pas compliqué puisqu'il faut remonter l'immense versant cairné depuis les lacs d'Arriel. Mais arrivé au pied de la paroi finale au dessus du névé éternel, l'itinéraire se dirige vers la droite et il reste un passage sur une vire, qui permet d'accéder à la crête puis au sommet, qui m'a franchement paru exposée. J'ai hésité à deux fois avant de me lancer mais j'ai eu l'impression qu'il ne fallait pas se rater (voir photo ci-dessous). C'est aussi pour cela que lors de ma première visite, j'avais préféré renoncer car c'était gelé. Inutile de dire que je n'ai pas fait le malin et que l'on ne le conseillera pas à tout le monde. Et puis si on décide de faire tout ça au départ du parking du barrage de la Sarra (1440m), au dessus de Sallent de Gallego, en une journée, il faut bien compter 7-8 heures A/R, au moins.
On peut venir aussi par ici pour visiter les nombreux lacs d'Ariel (voir les photos ci-dessous) que l'on surplombent depuis le sommet, en remontant la vallée de la rivière Aguas limpias (joliment encaissée au début) au dessus de Sallent de Gallego. L'ensemble lacustre a de la tenue entouré de ses hauts sommets comme le Balaïtous ou le Palas.


Photo 1 : Il s'agit de la fameuse vire. Il faut donc à partir du premier cairn aller au deuxième que l'on voit au fond...

Photo 2 : Ibon del Arriel alto, à peine quelques mètres en dessous de 2200 m.
Photo 3 : Ibon del Arriel abajo, peu profond.
Photo 4 : Depuis le sommet, vue vers l'ouest vers le pic du Midi d'Ossau (2885m), au centre. Juste devant le pic d'Arriel (2824m). En bas à droite, c'est le barrage (embalse) de Arriel alto vers 2200m d'altitude. Je n'ai franchement pas trop traîné au sommet car déjà concentré sur la descente (hum hum hum) : aucun parasite dans mon cerveau, il s'agit d'arriver entier.  




lundi 28 août 2017

Le Djebel Toubkal (4167m), au sommet du Maroc.

Le Djebel Toubkal est le point culminant du massif de l'Atlas au Maroc et du pays lui-même, à 80 km au sud de Marrakech (pendant longtemps on pensait que c'était le djebel Ayachi). Son ascension ne présente aucune difficulté technique (ça n'engage que moi). Mais son altitude élevée (4167m) en fait une longue randonnée qui nécessite une nuit au refuge du même nom à 3200m. L'ensemble paraît bien plus imposant que dans nos moyennes montagnes européennes. On peut toujours aussi se lancer le défi de le faire dans la journée, pour les sportifs, mais peut-être éviter de le faire au mois d'Août et les fortes chaleurs, en sachant qu'on part d'Imlil à environ 1700 m d'altitude où on peut laisser la voiture sans problème. Le chemin est bien tracé, balisé, parsemé de points de ravitaillement réguliers, à 2200m, 2600m et donc au refuge, où l'on peut se désaltérer dans des sortes de petites buvettes. Ainsi, tout est fait pour en faire un sentier fréquenté (pas mal de monde en septembre), tant par les marcheurs étrangers que marocains. On évitera simplement de se fumer un petit join avant de monter si on veut arriver au bout... Visiblement désormais depuis 2019, il faut prendre obligatoirement les services d'un guide...

Photo 1: Le refuge du Toubkal. Au fond, dans les nuages de l'orage qui se profile, c'est le sommet de l'Oukaïmeden (la station de ski). Le refuge, géré par le CAF de Casablanca, a été nettement agrandi depuis vingt ans. A cette époque, seuls les deux premières parties au premier plan constituaient le refuge, avec 30 couchages (contre aujourd'hui 100 à 130). Cela n'empêche toutefois pas le bon accueil et de manger un tajine au repas du soir.  Il y a même un deuxième refuge derrière. On est dans une vallée où les glaciers ont laissés les formes de relief caractéristiques.
Photo 2 : Le sommet de la montagne, caractéristique. Toubkal vient du berbère/amazigh Tugg Akal qui signifie "celle qui regarde en haut la terre".
Bien sûr il est fréquenté aussi parce que c'est simplement beau et que le panorama depuis le sommet est exceptionnel, sur le versant sud qui file vers le désert et le massif de Sirouah, et le versant nord où Marrakech doit être visible (pas en ce jour, un peu couvert).
Photo 3: Vue prise d'un peu avant le sommet et qui embrasse une bonne partie du cheminement de la montée finale. le refuge est au fond en bas, dans la partie ombragée.
Photo 4 : Extrait de la carte au 1/50000è, affichée au refuge. On peut se les procurer au service de cartographie à Rabat, même si on peut y être réticent à vous les vendre. Vers 2200 m, on retrouve au lieu de pèlerinage au sanctuaire de Sidi Chamharouch, le roi des djinns "le roi des diables" m'a t-on dit dans un café du lieu. Comme il est possible de louer des ânes pour vous monter là haut ou porter vos affaires, on croise parfois des cortèges un peu originaux pour celui qui s'imagine s'engager dans un simple chemin de grande randonnée. C'est un lieu mystique, vivant, un peu à l'écart du chemin symbolisé par un gros rocher blanc de chaux qui permet de le localiser. On vient y chercher notamment des guérisons miraculeuses..
Photo 5 : En zoomant depuis le sommet, vue vers le nord et le point de départ Imlil, petit Chamonix local où vous trouverez de tout. C'est vivant, et sous un orage, attablé à une terrasse de café, c'était charmant. Le premier village que l'on voit sur la photo est celui d'Around, où une piste arrive.
Photo 6 : Tout près du départ, Imlil est au confluent de la vallée qui remonte vers le Toubkal (dans le dos du photographe) et celle qui arrive du tizi (col) n'tamatert (au fond à droite). En tout cas, ici c'est l'étage inférieur de la montagne avec ses cultures en terrasse, ses vergers de noyers, pommiers ou poiriers, avec les systèmes d'irrigation en rigole. Il est clair que l'activité économique liée à la pratique de la montagne permet à de nombreuses personnes, et jeunes, d'y vivre. Plus haut, c'est vraiment pelé même si on ne voit pas tant que ça de troupeaux ovins ou caprins. L'ancienne casbah que l'on voit tout à gauche sera transformée en lamaserie pour les besoins du tournage du film "Dunkun" de M.Scorsese, inspiré de la vie du Dalaï Lama. De vieux berbères faisant office de figurants pour des tibétains.


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Trophée de l'isard (les 30 ans) à l'Hospitalet près l'Andorre (Ariège)

Nous étions plus de 115 participants hier à L'Hospitalet près l'Andorre pour courir dans les montagnes (et se tirer un peu la bourre...) lors de cette trentième édition du trophée de l'Isard. Cette course a été la première à être organisée dans l'Ariège dans les années 80, sur un circuit de 15,6 kilomètres aujourd'hui (14 à l'époque car on traversait la RN20, aujourd'hui on passe dessous avec un petit détour et on partait de la place du village, plus proche). L'itinéraire monte par la vallée du Sisca et redescend par celle du Pédourrès, en passant par la porteille du Sisca à 2440 mètres d'altitude et en côtoyant les jolis lacs du Sisca ou Pédourrès, soit 1000 mètres de dénivelé positif et négatif, sur un circuit finalement assez éprouvant.
Je n'ai pas l'habitude de courir avec un chronomètre ou des gens, même si j'aime descendre en trottant. Je fais donc régulièrement une exception pour cet évènement qui anime le village lors du dernier week end d'août, et qui avec l'appui des bénévoles, en fait un moment particulier de mon calendrier montagnard. Le repas en suivant y est aussi un moment important, vraiment convivial, avec cette année les agneaux à la broche et la charcuterie faite à partir du cochon tué dans l'année (et le vin rouge qui accompagne, c'est qu'il ne s'agit pas de se déshydrater bêtement... ça va mieux les crampes Manu?).

Photo 1 : L'affiche, qui n'a pas été trop affichée.
C'est aussi l'occasion d'y côtoyer des gens remarquables et discrets comme Brice Delsouiller, vainqueur pour la énième fois en 1h34:36, à qui Arte a dédié un très beau documentaire, rediffusé cet été et le doyen de l'épreuve Jean Louis Rouch qui à plus de 80 ans est toujours là avec son sourire. Et puis Arnaud, ami d'enfance, maire du village, qui a repris le flambeau de son père Robert. Je me rappelle très bien du moment où ce dernier, sur la place du village, un soir d'août, il y a bien longtemps, avait parlé de ce projet. Lors de la première édition, avec Arnaud, nous étions 41 Mon temps de parcours et mon classement seront bien anecdotiques...
Enfin, on pouvait aussi acheter sur place du miel produit dans ces montagnes par Jacques Grassaud, qui un temps s'était occupé aussi de l'organisation de la course après le décès de Robert. Et qui avait permis que l'aventure se poursuive. Aujourd'hui c'est l'association de La Devessette qui s'en occupe, avec notamment Laurent Diaz, pour les photos et les résultats... Souvent des initiatives personnelles sont à l'origine de belles aventures collectives...

Alors finalement on adore revenir courir dans ces montagnes que l'on connaît bien, quitte à connaître quelques cuisantes défaillances, notamment sur la fin et l'ultime petite remontée pour passer le pont sur l'Ariège. Rien à faire en ce qui me concerne, j'y reste planté, comme je reste planté dès le départ, dès que ça grimpe vraiment et qu'on ne voit déjà plus les premiers s'envoler... On essaye alors de coller à la première féminine en espérant tenir le rythme. Et puis souvent la première féminine n'est pas celle que l'on croit, car en fait elle vous a largué dès le début (et même souvent la seconde et la troisième...), et vous ne connaitrez son visage que lors de la remise des trophées...ah ah ah... Mais tout de même, lorsqu'on a réussi à reprendre son souffle en général pour moi après le premier contrôle du pont des Pouzouilles et tant qu'on n'est pas dans le rouge, le plaisir est bien là, à courir sur les replats et que l'endorphine vous aide à grimper à la baillette (porteille du Sisca), le col. Là c'est bon, vraiment bon et on est prêt pour la descente, à fond la caisse, au moins au début car enfin hier j'ai fini comme j'ai pu, mais une minute plus tôt que l'année dernière.


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