samedi 23 juillet 2016

Pics Occidentaux de la Maladeta (3254m-3220m-3185m) et pic Le Bondidier (3185m) dans le Haut Aragon.

Il s'agit là de venir visiter la partie occidentale du massif de la Maladeta, le plus haut des Pyrénées dans le Haut Aragon. En ce 19 juillet (et tout juillet et Août), on partira de bien bas, en l'occurrence le parking El Vado (vers 1700m, après Benasque), juste avant l'Hospital de Benasque (lire à propos de ce dernier, le numéro 163, Janv./Fév. 2016 de Pyrénées magazine). En juillet et août donc, un service de bus (dès 5 heures du mat.), vous transportera pour pas cher au terminus de la piste La Besurta, à 4km, d'où 45 minutes seront nécessaires pour arriver au refuge de la Rencluse. De là, on partira vers le collado de Alba (3080m) dont la partie finale est raide et instable. Au refuge, il faut traverser le torrent de la Maladeta et rester rive droite du torrent d'Albe, après avoir traversé un chaos rocheux. (y faire quand même attention car ce serait bête de s'y planter... surtout en descendant quand on est bien fatigué) : 2h45 d'ascension...

Photo 1: Le 1er pic Occidental est celui en forme plus ou moins de pyramide, qui dépasse derrière un autre, au centre, entre les deux glaciers (il est appelé également le pic Cordier 3254m). Puis vers la droite, le 2ème pic, le pic Sayo 3220m et enfin le 3ème, le pic Mir 3185m. Le plus à droite qui dépasse est la Diente d'Alba et l plus à gauche, le pic de la Maladeta 3308m. De bon matin, il va sans dire... Le chemin se poursuit vers le collado d'Albe entre le pic Mir et la Diente d'Alba.
 Pour au moins deux des sommets de la liste (les deux plus hauts), on ne verra pas de difficultés réelles. Peut-être serait-il mieux de venir par ici au mois de juin pour bénéficier d'un enneigement permettant de redescendre tranquillement. Pour les deux autres, notamment le pic Le Bondidier, côté PD, il s'agira d'être attentif. Mais il n'y a pas, dans ce dernier cas, de couloir impressionnant ou de difficultés de ce genre. Il faut néanmoins grimper, sur la partie finale, dans un environnement parfois un peu aérien, sur le versant occidental, à partir du collado (col) Cordier.

Photo 2 : La partie finale du pic Le Bondidier.
Photo 3 : Il me semble avoir pris la photo depuis le pic Cordier mais j'ai un doute... Vue sur l'immense lac de Cregueña (43,3 hec.) et le pic d'Aragüells, qui surplombe le fond du lac, à gauche. Finalement, même si ces sommets pâtissent un peu de leurs voisins prestigieux, et que la fin est un peu dans les éboulis, les panoramas, notamment,  justifient tout de même leur visite.
Pour le 3ème pic Occidental (3185m), le plus près du collado d'Alba, après avoir franchit ce dernier, il m'a semblé qu'il valait mieux l'aborder par le côté occidental en remontant les éboulis (un peu cairné) pour déboucher à gauche (quand on regarde donc en montant) du sommet par un semblant de couloir pas très difficile qui atteint la crête (PD-). Par l'autre côté, c'est à dire en gagnant la crête par la droite, avec pour objectif un col qui semble évident d'accès, on finira par buter sur une brèche, à mon avis, infranchissable sans corde, à moins de se prendre pour un écureuil volant. (voir photo ci-dessous).
Photo 4: Photo prise du vrai sommet du pic Mir.  Et pourtant, lorsqu'on arrive en premier par en face, on voudrait bien 
être sur le véritable sommet. Mais non, il semble bien qu'il y ait un bon mètre d'écart... grrrr. Et puis le guide des 3000 de L.Alejos le spécifie bien, mais semble oublier cette brèche.

Photo 5 : Depuis le pic Sayo, vue sur, en arrière plan de gauche à droite, le pic d'Aneto (qu'on ne présente plus), et le pic del medio (3346m), la pointe d'Astorg (3355m) avec le petit rocher qui dépasse (moins petit lorsqu'on est dessus) et le pic Maudit (3350m).

dimanche 17 juillet 2016

Pic du Portillon d'Oô 3050m, Haute Garonne.

Photo 1: Le pic du Portillon d'Oô, à droite du portillon d'Oô et le refuge du Portillon devant. On aura compris qu'on est au portillon ou pas loin... A gauche, qu'on ne voit pas, la crête se poursuit vers le pic de Perdiguère, d'où sur le chemin, la vue sur la partie finale du pic du Portillon est intéressante
Voilà un sommet de la Haute Garonne pas forcément facile. Le refuge du Portillon permettra de couper l'ascension. Mais après cette pause, il faudra composer avec un milieu de haute montagne et attendre peut-être, dans la saison, par ce versant que la neige ait suffisamment fondu pour éviter un premier passage très exposé au dessus, à gauche en montant, du lac du Portillon. Ensuite, on remonte la moraine, un peu croulante, que l'on peut voir sur la photo ci-dessus (à gauche) avant le petit glacier du Portillon (qui faisait partie avant du glacier du Seil de la Baque, aujourd'hui plus à l'ouest). Celui-ci semble encore étendu mais en fait il y a encore de la neige en cette saison qui semble agrandir sa surface. Alors on mettra les crampons pour le gravir (heu c'était un peu raide et encore dur en cette fin de matinée) pour arriver au col. A ce moment-là, surviendra la vraie difficulté du parcours, en l'occurrence un couloir (Difficulté de niveau II, voir photo ci-dessous) parfois décomposé, et qui pour être honnête m'a un peu impressionné au départ. Il y a un ancrage pour faire un rappel mais comme je n'avais pas de corde...

Photo 2 : Photo prise au sommet du couloir. En contre-bas, le col du Portillon d'Oô.
 A ce moment est arrivé un couple équipé pour faire une traversée par les crêtes qui s'est lancé dans un rappel qui m'a fait fortement douter.
- C'est comment là haut? Après? (en criant un peu fort parce qu'ils étaient un peu loin)
- ...
- Mais vous pensez que je peux monter sans corde?
- Ben ça dépend de vous. Je ne sais pas si vous êtes à l'aise ou pas...
- Mais vous pensez que c'est possible? 
Voilà, bien sûr le doute m'a fait oublier la courtoisie et commencer par un bonjour (au minimum) peut-être... Finalement j'aurais pu donner un titre différent Un blaireau au portillon d'Oô... Ça rime. Donc on ne s'engagera pas là sans une bonne expérience de la haute montagne. Donc là ce n'est pas un guide.
Le reste du cheminement se poursuit sur la crête parfois un peu aérienne jusqu'au sommet qui est constitué d'une sorte de petite plate-forme entourée de quelques blocs (un peu comme au Quayrat voisin) qui en font presque une forteresse. Il s'agira alors de grimper peut-être sur le plus grand...

Photo 3 : Sur le chemin au dessus du lac du Portillon, il vaut mieux être sûr de ses pas. Vue sur le pic du Seil de la Baque 3110m, à gauche et du Cap du Seil de la Baque 3103m, à droite. Complètement à droite dépassent les Pic des Gourgs Blancs et Jean Arlaud. Et en dessous, ce qu'il reste du glacier du Seil de la Baque qui était selon Pierre René dans Glacier des Pyrénées, le 2ème plus étendu de la chaîne (en 2012, 10 hectares) et qui a donné son nom aux sommets alentours et non l'inverse.
Pour le reste, le chemin jusqu'au refuge est particulièrement balisé et fréquenté. C'est vrai que la vallée d'Oô, depuis les Granges d'Astau, est un des endroits les plus fréquentés des Pyrénées et qu'on peut traverser tous les étages de la végétation pour finir par admirer les restes du glacier.

Photo 4 : Juste après le refuge d'Espingo (au retour). A l'aller je ne l'avais pas vu,  j'étais trop concentré...

dimanche 26 juin 2016

Le Vignemale 3298m (Hautes Pyrénées), au dessus des autres.

Photo1 : Depuis le refuge de Baysselance, de bon matin avant de partir vers la Pique longue du Vignemale (3298m), la plus à droite. Puis en allant vers la gauche, la Pointe Chausenque (3204m), le Petit Vignemale (3032m) et pour finir le Montferrat (3219m).
La Pique Longue du Vignemale (3298m) est le point culminant des Pyrénées françaises sur la ligne de partage des eaux. Mais elle n'en est pas pour autant la course la plus difficile si on l'aborde par le glacier d'Ossoue. Le Guide des 3000m de Luis Alejos la classe en F(facile)+. On ne s'y aventurera pas pourtant de manière légère car on évolue dans un milieu glaciaire donc de haute montagne. Ceci dit en cette fin de juin où la neige recouvre comme il faut le glacier, le cheminement semblait évident car la trace part directement jusqu'au pied de la paroi finale où on posera peut-être les mains quelquefois.

Photo 2 : En montant vers le refuge, par la vallée d'Ossoue depuis Gavarnie (la piste carrossable s'arrêtant au barrage d'Ossoue à 1834m), vue sur le bas du glacier d'Ossoue et le cheminement qui attendait pour le lendemain matin. Le Monferrat est à gauche.
 Ce n'était pas le seul objectif car je voulais en fait cheminer sur plus ou moins toute la crête qui permet de visiter tous les sommets de ce massif où on a l'impression d'être suspendu au-dessus du reste. En ce jour du 23, le soleil et la chaleur étaient au rendez-vous et le panorama vaste. La vue sur le massif de Gavarnie est impayable. Le circuit complet depuis la Pointe Chausenque (3204m), et même en fait de l'Epaule de Chausenque (pointe secondaire à 3154m), en passant par le Piton Carré (3197m), la Pique longue donc, le Clot de la Hount (3289m), le Cerbillona (3247m, au fond), le pic Central (3235m, en face de la Pique Longue) jusqu'au Monferrat (3219m) de l'autre côté du cirque n'offre pas de difficultés techniques insurmontables mais certains passages côtoient les grands versants abrupts de plus de mille mètres et l'ensemble reste parfois bien aérien. Depuis le refuge, moins de six heures ont été nécessaires. A part la Pique Longue tous sont côtés F (Facile) lorsqu'on les aborde de front. Ce sont juste mes impressions, alors comme je ne savais pas trop où j'allais mettre les pieds, tant pour le glacier (et ses éventuelles crevasses) que pour la crête, j'ai à nouveau fait appel à Alain. Et j'ai bien fait. Enfin, vous n'aurez pas beaucoup de photos (c'est un peu dommage...) car nos batteries se sont vidées avec l'altitude dès le sommet du Vignemale.
Photo 3: Photo du glacier d'Ossoue, prise en montant vers l'Epaule de Chausenque. De gauche à droite, le Pic Central (3235m), le Cerbillona (3247m), le Clot de la Hount (3289m) et le début de la Pique Longue, au bout de la trace. C'est du col au fond, que s'élance à ski Marilyne (Hélène Filières), dans l'épilogue du film des frères Larrieu, "Un homme un vrai". Au pied de la paroi directement à droite, sont creusées 3 des quatre grottes du comte Henri Russel (on peut ire alors ses "Souvenirs d'un montagnard").
 Si je n'ai pas éprouvé de particulières difficultés physiques, rarement un sommet m'a fait cette impression dans les Pyrénées : celle d'être sur la lune. Et pas vraiment envie de redescendre. On comprend alors le Comte Henri Russel qui s'était fait creuser ses fameuses grottes sous le Clot de la Hount. J'ai eu une affection particulière pour le Piton Carré, un peu coincé entre ses deux voisins, élégant, au débouché des couloirs de la face nord, verticale, au dessus des Oulettes. Même si on aime la montagne à vache, ce milieu de haute montagne était particulièrement grisant.

Photo 4 : En arrivant au refuge de Baysselance où l'accueil fut agréable : l'ivresse des sommets, les deux verres de vin chaud (réhydratants...), les innombrables marmottes qui ne veulent pas vous céder le passage (allez on se pousse!!!) ou cette vue en arrivant... Bon, les raisons furent nombreuses. A gauche, le plus grand c'est le Petit Vignemale,  et à droite, le plus petit (de loin) le grand...
Il y avait aussi au refuge un groupe de collégiens (filles et garçons) du Cantal qui faisait l'ascension pour conclure l'année scolaire. Tous n'ont pas pu monter au sommet mais les gardiens du refuge se sont occupés de celui resté et du coup, il a pu passer la journée comme un vrai gardien de refuge.  Il y reviendra un jour. Alors je trouvais que c'était joli comme ça.

Pour prolonger le plaisir ou préparer sa visite, on peut lire le très bon livre de Didier Lacaze, L'aventure du Vignemale (Rando Editions, 1993), qui raconte, à travers des témoignages, l'histoire de ses ascensions, les prudentes, les imaginaires, les engagées... Et puis franchement, l'auteur écrit bien. Ou alors regarder le film des frères Larrieu Un homme, un vrai, dont la dernière scène se passe sur le glacier et certains reconnaîtront peut-être le Piton Carré... Même si aujourd'hui le glacier a dramatiquement fondu...

dimanche 5 juin 2016

Haïti au Marathon des mots 2016

Le dernier week end de juin (du 23 au 26) à Toulouse a lieu le Marathon des mots : évènement qui permet aux lecteurs de rencontrer les auteurs selon des thèmes annuels. Cette année Africa nova, et la condition noire.
Alors dans ce cadre là, une place pour Haïti apparait évidente.

Voici donc une petite programmation sélective et subjective :
- le jeudi 23, 20 h à la librairie Ombres blanches (entrée libre) rencontre entre D.Laferrière (qu'on ne présente plus et qui vient nous faire à Toulouse sa visite quasi-annuelle désormais), L.Leroy (directrice des éditions Zulma) et l'écrivain Makenzy Orcel sur le thème Haïti en toutes lettres.

-le vendredi 24 dès 14h30 rencontre (entrée libre) avec D.Laferrière à la librairie Privat sur le thème Mythologies américaines. Le soir, au cloître des Jacobins (entrée payante et réservation nécessaire), à partir 20h30, il nous fera une lecture de son livre L'odeur du café. En même temps, et c'est bien dommage, rencontre (entrée libre) entre la journaliste Valérie Marin La Meslée, auteure du si beau et si nécessaire (c'est mon avis) Chérir Port au Prince et Makenzy Orcel sur le thème Vue sur Port au prince, à la librairie La Renaissance (1 allée Marc Saint Saëns, métro Basso Cambo).


Photo 1: A lire bien sûr, avant de faire le voyage à Port au Prince.

Photo 2: Port au Prince : en montant vers Pétion-Ville  par la route de Canapé vert, vue sur le quartier de Jalousie.
- Enfin le samedi 25, à nouveau au cloître des Jacobins (entrée payante et réservation), à 11h, rencontre sur le thème L'un et l'autre entre D.Laferrière et l'écrivain congolais A.Mabanckou. Et le soir à la fameuse Cave poésie (entrée libre), rue du Taur, sur le thème Poésie noire, lecture notamment de "Les immortelles" de Makenzy Orcel.

Après les rencontres, je reste sur les premières impressions de lecture, et continue de penser que Chérir Port au Prince est le plus beau livre écrit sur Haïti ces dernières années. Valérie Marin La Meslée, lorsqu'on peut avoir la chance de discuter avec elle, n'a pas besoin de s'excuser de n'être aller en Haïti que lors de voyages de courte ou moyenne durée. Elle a vraiment bien saisi et ressenti la ville et elle connaît son sujet. On n'a pas forcément besoin de vivre le lieu pour bien le sentir. Et ce d'autant plus que dans certaines ONG ou organisations internationales les expatriés sont astreints à des couvre feux et qu'ils sont cantonnés (ou qu'ils se cantonnent tout seul) entre eux...