mardi 7 novembre 2017

De l'Hospitalet près l'Andorre au Val d'Incles en Andorre par les étangs de l'Albe et de Juclar (et le pic de Ruf 2610m).

Partir de L'Hospitalet près l'Andorre, dans l'Ariège, dernière commune à 1440m, avant le Pas de la Casa, pour aboutir au Val d'Incles à 1850m, au dessus de Soldeu, en Andorre, en passant par le col de l'Albe, voilà un itinéraire qui ravira les amateurs d'étendues lacustres. Il existe cependant plusieurs itinéraires pour ceux qui connaissent cette région pour joindre ces deux points étapes.
Photo 1 : L'étang de l'Albe, côté ariégeois, 2355m, depuis le sentier qui monte au col du même nom. La plupart des photos sont de Jean François (merci...)
Maintenant qu'à ces hautes altitudes la neige est là, on peut se souvenir de l'arrivée près des granges de la vallée andorrane à l'heure où le soleil enflamme les derniers hauts sommets, avant de se retirer subitement. Où les accueillants versants andorrans en soulane semblent s'adoucir en fin de journée. Et puis le plus vaste étang de ce petit pays des Pyrénées, celui de Juclar (21 hectares) à 2300m d'altitude, surmonté de son beau refuge.

Photo 2: Au col de l'Albe, sur la frontière...
En remontant par la vallée du Pédourrès (et l'étang du même nom), puis par celle, plus sauvage, des étangs du Couart et de l'Albe, on arrive assez facilement au col de l'Albe (2535m), en dirons nous cinq heures. On peut de là grimper rapidement au pic de Ruf (2610m), et se dire qu'on a quand même une belle vue sur l'étang de Joclar (le côté français). Après il suffit de redescendre car on sera vite sur les étang de Juclar, puis une heure de plus (et encore...) pour arriver dans cette belle vallée pastorale d'Incles. Le cheminement était balisé tout du long en rouge et blanc, classique. Je ne suis pas sûr que les abords du refuge et du lac soient si calmes l'été. Mais le fond du premier étang, découpé de petites presqu'îles granitiques au milieu d'une eau plutôt claire pourra rappeler à certains des contrées littorales plus nordiques.
Photo 3: La partie amont de l'étang primer de Juclar. le refuge est à gauche sur la photo, sur un promontoire prêt du déversoir.
Je n'écrirai pas un roman car l'ensemble ne présente pas, hormis les précautions d'usage pour la moyenne montagne pyrénéenne, de difficultés notables.

Il fallait bien un bel itinéraire pour convaincre mes amis alpins (et bretons)... même en botte, bas et jupes pour la dernière partie (mais l'habit ne fait pas le moine, et n'empêche nullement de monter à un bon rythme...). Tiens tiens, y aurait-il du génépi dans les Pyrénées ?

Il fallait bien cela pour terminer la saison.

https://www.tf1.fr/tf1/jt-13h/videos/neige-deja-de-retour-pyrenees.html


Photo 4 : L'étang du Couart, en aval de l'étang de l'Albe.


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mardi 10 octobre 2017

Pic de Coume d'Enfer (2733m), en boucle par les lacs de Fontargente dans la vallée de l'Aston.

En Haute Ariège, le pic de Coume d'Enfer est une belle montagne, imposante par son versant nord, qui peut se visiter assez facilement en boucle en passant par le bassin lacustre des lacs de Fontargente et le col du même nom, cent mètres au dessus, sur la frontière andorrane. On redescendra alors par l'étang de la Coume de Varilhes par la crête nord ouest, franchement pas difficile (mais ça n'engage que moi) puis on poursuivra en longeant le ruisseau du même nom dans cette belle vallée pastorale. Étant donné que le point de départ de l'itinéraire est assez élevé au Plat des Peyres (des pierres) à 1696m, c'est donc un itinéraire pas trop long. Le début de la montée depuis le port de Fontargente à 2260m pour rejoindre la crête de la cabane Sourde est assez raide mais la sente est cairnée. De part cet accès facile, on trouvera forcément un peu de monde... d'autant plus que le refuge gardé du Rulhe est juste là en face des lacs.
Photo 1 : Le pic de la Coume d'Enfer est celui de droite. L'itinéraire du jour part sur la vallée qui débouche de la gauche, suit la crête que voici en face, de gauche à droite (de l'est vers l'ouest), et redescend  pour arriver par la vallée qui débouche de la droite (ouest). Là, c'est la parking du Plat des Peyres. 
L'itinéraire offre de remarquables point de vue, d'abord sur les étangs de Fontargente (le plus grand fait tout de même près de 17 hectares de surface pour 40 mètres de profondeur) mentionnés ci-dessus puis sur l'estany de l'Isla (2371m) directement sous le pic, versant andorran, avec comme son nom l'indique une île au milieu. La muraille entre le pic de Ransol et celui de la Coume d'Enfer m'a paru assez impressionnante et belle en cette fin de journée, dominant les chevaux de Mérens qui broutaient près du ruisseau. Enfin, le panorama, depuis le sommet, court du massif du Montcalm jusqu'au pic Carlit à l'est et permet un très bon aperçu des montagnes de la Haute Ariège, le massif de la Tabe et déjà la montagne Noire plus au nord. On prendrait presque le pic d'Ascobes, vue de là, pour une tête d'éléphant.
On peut alors toujours se plaindre de la fréquentation accrue de ce genre de site mais il faut bien reconnaître que globalement la montagne est propre, si ce n'est de temps à autre une bouteille plastique qui a dû s'échapper d'un sac à dos. Même les abords du parking, bien aménagé, apparaissent impeccables. Alors il me semble que cette éducation des gens et ce respect des lieux restent le meilleur garant de notre liberté de gambader tranquillement dans les montagnes sans que l'on ait l'obligation de payer un quelconque droit d'entrée dans ces espaces. J'espère que ça n'arrivera jamais.
Lorsqu'on observe depuis le port de Fontargente, la réelle proximité géographique des granges de Soldeu (et au loin la station de ski), dans le Vall d'Incles, on se dit qu'effectivement la pression pastorale et les conflits entre ariégeois et andorrans pour l'utilisation de ces beaux pâturages n'a pas dû être toujours apaisante. Sans compter que c'était (c'est toujours...) un passage connu pour les contrebandiers... Michel Chevalier dans sa monumentale thèse de géographie, La vie humaine dans les Pyrénées ariégeoises (1956), précise bien (p.612) "à étudier les cartes antérieures aux créations routières du XVIIIème siècle, on a l'impression d'un réseau extrêmement  déconcentré. Au début du XVIIIè siècle, par exemple, cinq chemins convergeaient, à haute altitude sur les montagnes de Gudanes, vers le port de Fontargente". La montagne pyrénéenne est ainsi fréquentée depuis longtemps.


Photo 2 : Les étangs de Fontargente (la fontaine argentée) depuis la crête de la cabane sourde. En face sur le versant pastoral, vous trouverez le refuge de Rulhe.
Pour tout dire, même si l'endroit n'est pas le plus imposant des Pyrénées, j'ai trouvé simplement en arrivant au parking que c'était particulièrement beau cette face nord et ces vallées pastorales qui débouchent là. On pourrait simplement rester à pique niquer et à regarder la montagne pour ceux qui n'ont pas la force d'aller plus loin. Pour ceux qui veulent s'envoyer ça m'a semblé être un bel itinéraire. Et puis le sentier de la vallée de l'étang de la Coume de Varilhes, lorsqu'il a rejoint le Plat des Peyres est vraiment particulier, en se faufilant entre les gros blocs (d'où le nom des lieux peut-être...), descendus du versant et plantés là, au milieu de l'herbe rase et des ruisseaux. A la tombée de la nuit, c'est vraiment charmant.

Photo 3 : Non loin de l'étang de la Coupe de Varilhes, regards vers le sud et la crête frontière d'avec l'Andorre que nous venions de laisser. Nous sommes descendus du pic de Coume d'Enfer par le versant ensoleillé à gauche (ouest).

Photo 4 : A l'approche du sommet du pic de Coume d'Enfer, vue sur l'Estany de l'Isla (besoin d'expliquer le sens du nom?)


Photo 5: Mon itinéraire...


jeudi 28 septembre 2017

Pic de Couillac (2601m), les bouquetins et l'étang de la Hillette.

Comme souvent dans le Couserans ariégeois, pour celui qui veut atteindre la crête frontière, le chemin sera long car on part de bas. Le pic de Couillac (2601m) ne déroge pas à la règle depuis le parking de la Peyre à 1050m. Mais cette très belle vallée du cirque de Cagateille, celle des premiers montreurs d'ours, ravira tout le monde en offrant plusieurs points vraiment remarquables, à chaque étage de la montagne.  Le cirque de Cagateille, et ses nombreuses cascades, est un des grands cirques glaciaires des Pyrénées et est classé, avec les vallées qui le surplombent, au titre des sites protégés français. Il fallait donc vraiment être blasé pour ne pas trouver son bonheur ici en cette magnifique journée d'automne. Et puis, on pourra probablement croiser le peu farouche bouquetin... Et si vous n'arriviez pas à en apercevoir, vous pouvez toujours vous arrêter au château de Seix et visiter le musée qui est installé, avec l'étage qui lui est dédié.

Photo 1: Bouquetins, juste en dessous de l'étang de la Hillette.
La montée reste rude, le sentier dans la forêt du cirque de Cagateille est aménagé. Lorsqu'on sort de la forêt, on trouve des affleurements granitiques qui permettent d'avancer vite pour se retrouver à l'étang de la Hillette et sa forme si originale qui fait penser soit à la triple pointe de fourche, soit à l'idéogramme qui signifie montagne en japonais ou chinois ... (enfin ça dépend dans quel sens on le regarde, mais avec un peu d'imagination...). Il est indiqué 3 heures pour le lac et son refuge. En fait, son nom proviendrait de la presqu'île qui couperait l'étang en deux (enfin presque). Et celui du pic, comme couillade, signifierait col large en herbe.

Photo 2 : vue sur l'étang depuis le chemin qui monte au col.
Photo 3: Pratiquement depuis le sommet du pic de Couillac, vue sur l'étang de la Hillette.
Et si on veut aller plus haut, jusqu'au port de Couillac, autre passage traditionnel vers le Palais Noguera catalan, puis au pic du même nom, comptez deux heures et trente minutes de plus. Le panorama est vaste, mais vers l'ouest le massif de la Maladeta sera caché  par l'imposant pic de Certescans et sa retenue au pied d'un kilomètre de long. Le massif du Montcalm à l'est est lui bien visible.

Photo 4 : Le pic de Couillac, vue depuis non loin du col du même nom.

Photo 5 : Voilà, un dernier regard au cirque de Cagateille, à l'heure de regagner la voiture.

jeudi 14 septembre 2017

Pic de Tristagne (2878m) par l'étang Fourcat et les myrtilles


Photo 1 : Au sommet du pic de Tristagne (Tristaina en catalan) à 2878m. Au fond, derrière le massif du Montcalm (de droite à gauche, le Montcalm, Verdaguer, la pique d'Etats et la Punta Gabarro, tous à plus de 3000m)


Voilà, un sommet (Tristaina en catalan d'Andorre du latin tria stagna trois étangs, d'après le Diccionari catalans-valencià-baléar de l'Institut d'Estudis Catalans), qui par son accès ariégeois au nord, le parking de la centrale électrique de Pradière, à 1150m, dans la vallée d'Artiès, en amont d'Auzat, nécessitera une longue montée. Mais le visiteur sera récompensé par le grand nombre de plans d'eau, naturels ou pas, qu'il pourra visiter et le vaste panorama du pic Carlit à l'est, à l'Aneto à l'ouest. Alors même si l'itinéraire comporte quelques sévères raidillons (entre l'étang d'Izourt et le refuge de l'étang Fourcat), on sera content car il m'a semblé que cet étang Fourcat était imposant de par sa superficie et sa profondeur supposée et le bleu profond de ses eaux. Le Petit Etang Fourcat, juste au dessous, n'était pas en reste avec son bleu tropical ce jour-ci. Le pic de Tristagne les domine au sud, et depuis la crête qui mène à ce dernier, la vue sur le versant andorran au sud et les lacs de Tristaina (on ne voit que les deux plus hauts, l'étang de Tristaina, et celui du milieu, et la station de ski d'Arcalis en face) est un enchantement. Mais pour cela il faudra d'abord grimper à la porteille sur la ligne de crête frontalière à 2680m par une sente balisée bien raide et souvent un peu croulante, puis suivre cette ligne de crête vers l'ouest. Ligne de crête sur laquelle on posera parfois les mains.

Photo 2: le gispet a dû avoir un peu "frais" pendant le dernier week end neigeux.




Photo 3 : L'étang Fourcat, à 2410 m. Au fond, le refuge gardé qui doit fermer ce vendredi. Vue depuis la pointe sud du lac. Dans le dos du photographe, le chemin qui part vers la porteille menant au sommet.
Alors même si le chemin est long, en cette saison, avec une météo stable on pourra passer la journée complète dans la montagne. On aura peut-être l'occasion ainsi de voir en fin de journée alors que l'ombre a déjà gagné le fond de la vallée, à deux pas au dessus de l'orry de la Caudière, quelques isards mangeant paisiblement dans les champs de myrtilliers (et il y en a encore).  Enfin le passage au barrage de l'étang d'Izourt permettra de se rappeler de la tragédie ayant entraînée la mort de 31 personnes (dont 29 italiens) en 1939 lors de la construction du barrage.
Peut-être faudra-il compter quatre heures pour le refuge, puis 3h A/R pour le pic (horaire donné au refuge), et donc vous calculez pour redescendre, ah ah ah ... Mais du coup, sur ce versant vous serez quand même probablement plus tranquille que sur l'andorran où il faut à peine une heure pour monter à l'étang de Tristaina depuis le parking de la station.

Photo 4 : Au premier plan, l'étang de Tristaina  

Photo 5: Vue depuis les alentours de l'Etang Fourcat. Au fond, au centre, la porteille, avec comme un névé (mais s'en est pas un) sur la crête/frontière menant au sommet à gauche.



Photo 6 : En redescendant, au dessus de l'étang d'Izourd. (Photo de Vincent)