dimanche 22 mai 2016

La soulane d'Andorre de L'Hospitalet près l'Andorre.

La soulane d'Andorre est ce grand versant qui est souvent déneigé bien avant les autres secteurs de la haute vallée de l'Ariège. Son ampleur et la précocité donc de son déneigement en ont toujours fait un terrain propice au pacage des bêtes en estive pour les éleveurs ariégeois mais aussi andorrans et cerdans. D'ailleurs paradoxalement, elle se trouve en territoire andorran alors que nous sommes sur le versant atlantique des Pyrénées et que les limites de la commune de L'Hospitalet près l'Andorre s'arrêtent à la ligne de crête (avec la vallée du Sisca) et au premier ruisseau en aval celui de Palomera.
Alors pour s'y rendre, au départ de L'Hospitalet, vous remonterez le sentier qui part vers le lac du Sisca et peu avant le barrage du Sisca, vous prendrez à gauche. Le sentier qui vous portera sur la ligne de crête au col des Clots, est indiqué par une pancarte et balisé. Pour le retour, soit on prend le même itinéraire, soit on descend dans la vallée de l'Ariège pour rejoindre la nationale (mais à partir de là, on marche au bord de la route sur un kilomètre pas forcément très agréable). Avant la construction du tunnel, qui occupe de manière peu écologique tout le lit de la rivière, il y avait une petite piste qui longeait la nationale, avec une ancienne cabane et plein de framboisiers.
Photo 1 : Depuis le petit étang sans nom à 2407 m sous le Cap de la Cometa del Forn (2691m). On peut apercevoir au fond, au bout de la route nationale, l'horrible urbanisation du Pas de la Casa. La ligne de crête du fond culmine à plus de 2800 mètres d'altitude. Grâce à son exposition, la Soulane est accessible 15 jours avant les montagnes environnantes, les herbages en sont d'autres part excellents : "Il n'existe pas de meilleure, ni de plus salutaire dépaissance, écrit en 1811, un inspecteur des forêts. Les bestiaux de toute espèce, en quelque mauvais état qu'on les y envoie, sont parfaitement rétablis dans une quinzaine." La Soulane faisait partie de tout un circuit qu'empruntaient les troupeaux pendant la saison d'estive, car il fallait gérer les ressources en herbes.
Ceux qui montent par la nationale au Pas de Casa chercher leur pastis ne pourront pas rater la vue sur la totalité de ce versant. Les 4 petits étangs qui s'y nichent ne sont pas très visibles. Mais une petite montée par la vallée du Sisca  et le col des clots permet ensuite de suivre un chemin balisé (rouge/blanc) qui serpente à mi-versant jusqu'e... Je ne sais pas où il s'arrête, probablement au col Dret dans la direction de Soldeu. L'histoire pastorale mouvementée ne transparait pas forcement dans l'aspect plutôt débonnaire qui le caractérise, du bas de la vallée jusqu'aux sommets du pic de la Cabaneta, à plus de 2800 mètres d'altitude. Pour visiter les petits étangs, il faudra laisser le sentier balisé et remonter la pente. Voilà, si n'était le bruit de la nationale en contre-bas, vous ne rencontreriez pas grand monde dans les parages. En ce jour du 15 mai, je ne suis pas allé voir le 4ème lac, le plus haut, car seul le premier était déneigé. La végétation n'est pas encore sortie à ces altitude alors il faudrait revenir début juin.
Photo 2:  Le lac à 2407m d'altitude.
Photo 3 : En redescendant, le long de l'Ariège.



Un jardin sur l'avenue de Muret (mais non j'déconne).

C'est vrai qu'on aurait bien aimé un jardin (partagé ou pas...)
Photo 1 : Sur l'avenue de Muret, entre la rue Gaston Phoebus et l'impasse Barthère, en face du restaurant La Trompette rouge  (où on mange vraiment bien et où l'accueil est chaleureux) juste à l'arrêt du tram Avenue de Muret.
Mais à la place on aura ça (voir le panneau sur la photo ci-dessous) car à Toulouse on n'aime pas construire trop de jardins...

Photo 2: Les arbres sur le panneau existent déjà. Ils ne sont pas visibles sur la photo car ils sont à droite, sur les trottoirs, c'est tout.
Bon, soyons honnêtes, le résultat n'est pas si mauvais car le jardin devant l'immeuble permet de ne pas avoir une barre de béton directement sur l'avenue. Mais on aimerait que ce principe soit davantage appliqué...

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jeudi 28 avril 2016

Jérémie à l'heure...

Nous avons finalement quitté Jérémie et Juliette vers, enfin non à 5 heures pile ce matin, comme il était indiqué sur le billet de bus de la compagnie Grand'Anse Tour ( vraiment ils sont sérieux ). Un peu moins d'une semaine dans la Grand´Ànse, c'est un peu court tant il y a de choses à faire. Mais surtout l'Auberge'Inn de Juliette est un lieu particulier qui peut servir de base de départ et qui finalement aussi était le but du voyage. On y mange vraiment bien, en fait on y fait un séjour gastronomique!!! L'accueil y est chaleureux, Juliette est à l'écoute, le sourire dans les yeux, la décoration est soignée.
On peut alors s'installer sous la galerie dans la dodine blanche et lire tranquillement le rapport de Patricia Balandier et Christophe Charlery sur le patrimoine architectural de la ville qui n'aura alors plus de secret pour vous. Il a été édité en seulement 60 exemplaires, c'est une chance de pouvoir le feuilleter. Il mériterait de l'être davantage et à défaut, il ne reste qu'à descendre en ville voir in situ.
On pourra également aller à la messe du dimanche matin à la nouvelle cathédrale (pas encore terminée et probablement pas de sitôt car apparemment ce n'est pas dans les projets du nouvel évêque) et écouter la grâce et la motivation de la chorale du Lycée de jeunes filles de la ville (avec un rang de garçons au fond qui fait écho) pour le concours des chorales de la ville. Un moment assez déroutant probablement pour ceux qui ne croient pas en dieu et qui auraient de surcroît tendance à être anti-clérical. Tout est possible. Mais cette jeunesse-là est bien une richesse.

Photo 1: Sur la route de Mafranc (photo de Vincent).
Ce qui est possible aussi c'est de prendre une moto-taxi et de se faire porter à Mafranc en remontant la verte vallée de la rivière Gran'Anse pour aller voir les passerelles lancées (par la coopération britannique...) de part et d'autre de la rivière, ou les restes du fort de Mafranc.
Voilà ça m'a parut bien court tout ça et en même temps être en Haïti, et en particulier à Jérémie , tellement ... précieux.
Photo 2 : C'est ouvert...
 Ainsi, on peut repenser au petit garçon dans le bus qui a demandé à Vincent, alors qu'il remontait s'assoir, après la pause, pendant laquelle il a visité le marché attenant plein de mangues :
- Vous êtes Jésus Christ?
- Heu non...

Photo 3 : Une des passerelles après Mafranc (photo de Vincent).
Enfin pour conclure, en Haïti, on mange bien. Et puis l'envie aussi d'y revenir... On pourra alors répondre au policier des frontières de l'aéroport de New York, quand il regarde la liste des pays que vous avez visité avant d'entrer sur leur sol, lorsqu'il vous demande sur un ton mi-moqueur mi-incrédule :
- Et vous passez vos vacances en Haïti?
- (Avec un grand sourire) Oui!!!

Photo 4 : Depuis l'ancien fort de Mafranc.


mercredi 27 avril 2016

Un lundi aux Abricots

Depuis Jérémie, il faut deux heures de taxi moto (1500 gourdes A/R) pour se rendre aux Abricots, petite localité à l'ouest, par une piste qui s'est quelque peu détériorée ces derniers temps. On s'y rend en général pour des raisons précises, soit pour rendre visite à l'admirable Mica, soit pour profiter de la jolie plage qui vient baigner le village.

Photo 1 : Avant le lundi, il y a le dimanche soir.
"La petite plaine des Abricots commence au rivage, et va en s'élargissant jusqu'au point où la rivière de son nom, que l'on passe à l'entrée occidentale de cette plaine, reçoit au dessus du chemin la rivière des Balisiers (...). L'anse des Abricots est l'embarcadère du canton, sur son côté Est est un petit bourg où l'on compte 17 maisons. Des canons le protègent.
Feu M.de Spechbach fit commencer en 1774, à cet embarcadère une jettée à trois rangs de pilotis, chargée de traverses et de madriers; ce travail a été achevé en 1775. La jettée a environ cent pieds de long, et porte une grue à son extrémité. Cette entreprise utile n'aura pas une longue durée, car les vers ont attaqué les pilotis."

Moreau de Saint Méry, Description topographique, physique, civile, politique et historique de la partie française de l'isle de Saint-Domingue (Tome III), Publications de la Société française d'histoire d'outre-mer, Paris, 2004. (1ère édition 1796)
 On peut y loger ( un seul petit sorte de gîte à qui un peu de concurrence ne ferait pas de mal), y manger dans le très bon petit restaurant qui prend vraiment soin de ses clients ( repas de qualité, bon et copieux, service impeccable, réelle ponctualité, produits de la mer en fonction  des arrivées, prix tout à fait raisonnables...), aller y visiter le marché coloré du lundi matin. En se promenant dans les rues, en croisant la jeunesse locale, on ne manquera pas, comme souvent, de vous interpeller, toujours amicalement:
- Hey, américains?
- Non mon cher, français.
Et puis voilà, tous les produits proposés viennent bien de quelque part et effectivement le village des Abricots est au débouché de plusieurs vallées et on se dit qu'une visite à l'intérieur s'impose. Ayou qui habite non loin du gîte se proposera probablement et fera un bon guide. Il nous propose d'aller voir les sauts Balisiers. Moreau de Saint Mery, au 18ème siècle, en fait déjà mention. Deux heures de marche sont nécessaires pour s'y rendre à travers un paysage champêtre vraiment charmant, même si ici aussi le déboisement commence à être notable. Le long de la piste on rencontrera alors de nombreuses petites cases colorées, des stands pour recharge de téléphone portable (aujourd'hui le téléphone portable est une réalité même dans les coins reculés), les ruines d'une ancienne habitation coloniale, des cochons qu'on imaginera facilement en griot (bio)...
Photo 2 : "La plaine des Abricots peut avoir, dans sa plus grande longueur, Nord et Sud, une lieue d'enfoncement, et environ un quart de lieue dans sa plus grande largeur. On y trouve la sucrerie Spechbach, à la laquelle la rivière des Balisiers procure un moulin à eau. C'est sur cette habitation qu'on voit les plus beaux cacaoyers de la Colonie, qu passent aussi pour les premiers qu'on y ait replantés après la destruction de cet arbre en 1736. Ils ont jusqu'à 25 et 30 pieds de hauteur".

 Moreau de Saint Méry, Description topographique, physique, civile, politique et historique de la partie française de l'isle de Saint-Domingue (Tome III), Publications de la Société française d'histoire d'outre-mer, Paris, 2004. 
Bien sûr, le sac de charbon de bois appuyé contre le tronc, à droite sur la photo, ne date pas de la période coloniale...

Vous pénétrez de plus en plus profond, la végétation se densifie sans avoir pour autant l'aspect de la forêt amazonienne... Vraiment c'est beau. On traversera la douce rivière plusieurs fois. Et puis après une dernière petite montée le fameux saut est atteint ( le guide vous demandera probablement une participation de 100/150 gourdes pour payer les propriétaires). L'endroit est rafraîchissant et l'impression d'être loin de tout assez forte.. Il est temps de rentrer et sur le chemin du retour, notre horaire correspondant au retour du marché et à la sortie des écoles, l'ambiance est joyeuse et colorée. Il apparaît évident que ces vallées mériteraient d'être davantage visitées.
Photo 3 : Une gagère non loin du but de la visite.

Photo 4 : Un affluent de la rivière des Balisiers (en allant vers la photo 5...)

Photo 5 : "La rivière des Balisiers prend sa source parmi les rochers, à environ une lieue au-dessus du point où elle se rend dans celle des Abricots, et qui est à environ trois petits quarts de lieue de la mer. Elle avance par cascades. La première est un saut de 15 pieds d'élévation, au-dessous duquel est un bassin, qui donne lieu lui-même à un autre saut ou cascade et à un autre bassin, ce qui a lieu successivement une quinzaine de fois avec plus ou moins de hauteur jusqu'à ce que la rivière coule avec une pente ordinaire." 
Moreau de Saint Méry, Description topographique, physique, civile, politique et historique de la partie française de l'isle de Saint-Domingue (Tome III), Publications de la Société française d'histoire d'outre-mer, Paris, 2004. 




Alors j'aurais pu me garder tout ça... Et puis finalement, que quelques touristes supplémentaires puissent venir par ici peut contribuer à améliorer la situation de certains. Le très joli cadre champêtre ne doit pas faire illusion. A la campagne les gens souffrent, et comme j'ai déjà pu le dire, ici ce n'est pas le paradis pour tous. Mica nous a rappelé que le secteur sortait de quatorze mois de sécheresse. On n'est pas dans l'abondance et la quantité de marchandise que propose les vendeuses du marché est là pour l'attester (malgré l'animation et les belles couleurs).
Mais que la région est belle. (photos au retour)