jeudi 21 mars 2013

Mont Cameroun, Mont Fako (4095m).

Mon propos sera quelque peu réducteur car je ne parlerai pas du reste du pays, le Cameroun. Mais à l'image du "petit" périple nécessaire à l'ascension du point culminant du pays et de l'Afrique de l'ouest, le mont Fako, au mont Cameroun, le lecteur pourra en conclure aisément que l'ensemble se fait en toute sécurité (il aurait été franchement un peu bête de ne pas venir dans ce pays à cause de l'enlèvement!!!), sans aucune difficulté technique, que les paysages sont colorés et les camerounais vous faciliteront le tout. C'était les 26/27 et 28 février dernier. C'était déjà, il y a un petit bout de temps, mais il fallait atterrir et parfois on a envie de garder les choses un peu plus longtemps pour soi...
A l'Office intercommunal d'écotourisme (il n'est plus dans le centre, en haut de la ville, mais un peu plus bas, sur la rue principale, une maison en bois de type colonial sur la gauche, juste avant un grand bâtiment blanc et bleu), le prix total pour un guide, un porteur et la taxe pour le parc a été de 86100 FCFA (un peu moins de 130 euros) pour les trois jours. J'étais seul. Plus la nourriture pour la durée.
Avant de commencer, ce qui marque c'est l'ampleur du versant. Si le temps le permet (la saison est de novembre à avril), depuis Buea, point de départ, on peut apercevoir le 2ème refuge, mais pas le sommet (pour des raisons topographiques). Et puis, la fraîcheur, après Douala.
 
Photo 1 : Après le départ qui s'effectue, depuis Buea, près de l'ancien palais du gouverneur allemand du temps de la colonisation (impressions bavaroises...), vers 1100m d'altitude, après avoir quitté les bananiers, on pénètre dans la forêt de nuage, jusqu'à environ 2000-2200m d'altitude. Là, sur la photo, on doit être vers 1500m d'altitude.


Photo 2 : La carte (échelle ???) affichée dans les locaux de l'agence.





Photo 3 : Le premier refuge (ou abris) vers 1800 m. C'est ici que les gardes du parc vérifieront auprès de votre guide, si vous êtes en règle. On ne peut pas dire que le chemin soit des plus propres, notamment à l'abord des refuges. Faire payer des frais d'entrée au parc aux étrangers qui viennent de loin (beaucoup de français) et que ce soit si sale, ce n'est pas très sérieux : tout le monde semblait d'accord sur ce point.
Photo 4 : On quitte la forêt tropicale vers 2000-2200 m, peu avant le 2ème refuge, pour aborder dans le versant qui se relève nettement (le "Mur"), un milieu de type savane. Ici, l'arbre "magique" car bien isolé, vers 2500 m, avec Samuel le guide, très prévenant, ainsi qu'Ebaly, le porteur.
Photo 5 : Le 2ème refuge à plus de 2800m d'altitude est le plus utilisé pour dormir avant de partir pour l'ascension finale le matin, tôt. C'est presque un lieu de vie tant l'ambiance était joyeuse. Entre les quelques touristes et leurs guides, qui leur préparent le repas dans la petite cabane attenante, un groupe de jeunes camerounais qui est arrivé au petit matin, entonnant des chants : -on va le grimper le petit mont, aya aya aya...
 Ainsi qu'une jeune femme qui reste là plusieurs semaines pour se recueillir, le temps passe agréablement.
Photo 6 : Le troisième refuge vers 3700 m d'altitude. Le paysage jusqu'ici ressemble un peu à nos étages subalpins. Le sentier entièrement balisé prend à droite derrière la cabane. Je suis toujours en tee-shirt mais le coupe-vent est pour bientôt.
Photo 7 : Au fond, au centre de la photo, le mont Fako, point culminant du massif (entre 3 et 4 heures depuis le refuge 3). J'ai longuement hésité à vous montrer plutôt, une photo de moi-même au sommet avec la pancarte du Mont Cameroun, et puis en fait, entre les 14 versions que j'ai demandé au guide de prendre, je ne savais plus quelle choisir, alors... Il y avait là-haut un vent à décorner les boeufs.
Photo 8 : Le cratère de l'éruption de l'année 1999. Il n'est pas très loin du sommet des Allemands, ancien point culminant, d'après les mesures de l'époque de la colonie. Le guide pourra vous y amener car il est tout proche du Mont Fako, par une petite boucle passant non loin des fumerolles.
Photo 9 : De retour au refuge 3, où l'on passera la nuit. On évite ainsi de faire 3000 mètres de dénivelé négatif. Surtout, on pourra passer toute la fin de la journée à regarder le versant, calé à l'abri du vent, vers le haut (ce que l'on voit là est à tout au plus à 3450 m d'altitude), ou vers le bas, et la mangrove que l'on apercevra peut-être après Buea, tout en profitant des rayons du soleil. Au loin, Douala. Là, on est vraiment bien. Et ne pas trop penser au couple de journalistes néerlandais qui a voulu redescendre dans la journée et qui d'après ceux qui les ont croisés en montant, ne prenaient pas franchement de plaisir (...), pour ne pas dire autre chose. C'est vrai qu'on peut le faire en deux jours, mais bon. 
Pour l'exploit autant faire la course. J'ai préféré qu'on poursuive le lendemain matin (moins de 3heures de marche). On a ainsi pu profiter de la fraîcheur (relative) et croiser une file immense de collégiens qui montaient dans la bonne humeur, chaussés légèrement pour certains.
On peut peut-être ajouter pour conclure qu'effectivement aujourd'hui beaucoup de monde fait l'ascension et que le chemin est large et clair. Mais pendant longtemps, depuis la première ascension par un européen, l'anglais R.E.Burton en 1862, il a fallut se contenter d'un mince sentier au coeur de la forêt, dont il ne valait mieux pas s'égarer. Et ce jusqu'à l'organisation de la première course Guinness Race en 1973, car depuis la qualité du sentier s'est notablement améliorée.

Pour aller plus loin, la lecture de Le Mont Cameroun, Contribution à l'étude du versant wouri, de Jean Dubief, aux éditions Karthala. Ou alors pour refaire l'ascension de manière légère, on peut lire le petit livre jeunesse de J.Y Loude, en accompagnant Ménes,  Le coureur dans la brume, chez Folio junior.

Photo 10 : Depuis Buea. L'agence est juste à gauche du drapeau camerounais.
Photo 11 : Depuis le premier refuge, vue sur le littoral et Buea. Douala est au fond dans la brume...





dimanche 23 septembre 2012

Pic de Maupas 3109m (Haute-Garonne)

Histoire en ces journées d'hiver de se rappeler des quelques prétextes qu'il a fallut s'inventer pour  aller passer une nuit au refuge du Maupas, perché au dessus de la station de Superbagnères, dans la vallée du Lys. En cette fin de saison, le refuge n'était qu'à nous. Parfait pour le lendemain gravir le pic de Maupas. Même si on pourra regretter de ne pas pouvoir discuter avec l'agréable gardien (ajout du 01/06/2014 : mais lisez son livre Refuge vue de l'intérieur ).
Photo 1 : Le refuge du Maupas au matin.





Photo 2 : Le pic de Maupas est dans les nuages et la tusse de Maupas (2900m) pointe à droite. Il faudra passer entre les deux par un passage un petit peu en engagé, le mauvais pas, d'où le nom du sommet.


Photo 3 : Depuis le sommet, vue vers l'ouest et le pic de Boum (3006m).  Il n'y aura pas de photos montrant la Maladeta, car celle-ci était complètement bouchée. Spéciale dédicace à Aurélien pour qui c'était le premier 3000m.
Photo 4 : En redescendant vers le malpas. Le temps s'est dégagé. Le chemin se prolonge sur la gauche, proche de la crête, avant de basculer sur la droite.

dimanche 16 septembre 2012

Pic du Marboré 3248 m (Hautes-Pyrénées/Aragon).


Parfois, on peut ne pas avoir envie d'écrire de suite après une sortie et on laisse alors filer pour s'y mettre quand la saison est terminée. C'est le cas, ici. Car aussi loin que les souvenirs me portent, il en reste une très belle et longue journée de septembre en montagne avec Claire. Le Marboré et les petits pics de la Cascade étaient au programme, depuis le col des tentes par la Brêche de Roland. Il y aura quelques photos sans commentaires développés. Toutes les photos sont de Claire.

Photo 1 : Le Marboré qui domine à gauche les différents pics de la Cascade (3161, 3106 et 3095m) et l'Épaule du Marboré (3073m). Photo prise depuis la plateforme sous la brèche de Roland.
Photo 2 : Il avait fait froid les jours précédents.
Photo 3 : Depuis le pic occidental de la cascade, vue sur le Taillon au loin et le versant gelé du cirque de Gavarnie.
Photo 4 : Vue vers le sud...
Photo 5 : Au fond, à gauche, le Cylindre du Marboré (3325m) et le Mont Perdu (3355m) qui dépasse à droite, depuis le pic occidental de la Cascade (3095m).







Aujourd'hui les glaciers de la Brèche de Roland ont quasiment disparu...

samedi 8 septembre 2012

Pic de Boum 3006m (Haute-Garonne)

On prend la voiture pour s'y rendre comme on va à un rendez-vous amoureux! La vallée du Lis dans le Luchonnais offre un paysage pastoral avec ses prairies de fauche et ses bordes, sitôt l'embranchement pour Superbagnères envisagé, sous sa grande soulane.

Photo 1 : Le tout petit lac Noir (1910m), vu depuis le chemin et au fond, c'est le Mont du Lis.
 Au pied d'une sorte d'amphithéâtre boisé, le parking, près de l'auberge, avant la centrale électrique du Portillon, à 1150 mètres, est relativement peu rempli en cette fin de vendredi et les personnes que l'on croisera, descendront toutes. Alors, la météo qui devait juste laisser une fenêtre pour le samedi matin, sans que ce soit vraiment mauvais (un peu orageux quand même en fin de journée pour le lendemain), aura fait son travail de dissuasion.
Photo 2 : Le refuge, en arrivant avec une petite pluie. A l'arrière-plan, de gauche à droite, les pics des Crabioules, le pic Lézat et le grand Quayrat.
La montée pour sortir du bois du Mont du Lis ne laisse pas le temps de s'échauffer. Mais de toute façon, on se doute que pour monter au refuge du Maupas, à 2430 mètres, les mollets seront vite prévenus : mille trois cent mètres de dénivellation pour trois heures trente annoncées.  Le téléphérique -monte charge d'E.D.F., à côté des conduites forcées, est bien tentant. Mais voilà, celui-ci est encore en voie de réhabilitation. Remontant la vallée, le long du torrent de la Houradade, le sentier, peu avant la cabane de la Coume, bifurque alors sur la droite pour rejoindre à la station intermédiaire de Prat-Long, la partie médiane du versant du pic de Maupas qui accueille le refuge. A partir de là, on monte, on monte, sur un sentier en zig-zag mais sûr de lui. Les crêtes de Superbagnères sont dépassées progressivement en altitude mais la vue permet d'embrasser la totalité du versant sud pâturé. C'est la même chose pour le versant sud-ouest du Mont du Lis où les brebis, comme les pins d'ailleurs, remontent, en file indienne, le sentier qui les mènera vers leurs places pour la nuit.

Ma place pour la nuit se trouve donc au refuge du C.A.F. du Maupas. Sa capacité d'une trentaine de place en fait un refuge à l'ancienne, ce qui lui donne une chaleur et une intimité fort agréables, renforcées par la sympathie du gardien et la faible affluence du jour. Pour prolonger le plaisir, lisez son livre Refuge, vue de l'intérieur. (ajout du 20/06/2014). Nous serons six perchés là haut en vue directe sur le grand hôtel de Superbagnères et sous les grands sommets du cirque des crabioules. Certains se coucheront tôt alors j'en profiterai pour tranquillement feuilleter quelques pages du Désir d'être un volcan de M.Onfray, parmi les livres sur le rayonnage. On est vraiment bien.

Photo 3 : Il suffit donc de suivre les conseils du gardien. Le pic de Boum est celui de droite, avec le glacier au pied. Il faut viser la crête noire qui vient mourir à sa gauche pour la contourner.. A gauche, c'est le Mail Barrat et ses 2986 mètres.
Pour aller au pic de Boum, car c'est finalement l'objectif, j'écoute les conseils du gardien. Départ matinal, au lever du jour (bon, en ce moment, c'est juste sept heures...), pour aller au petit col à droite de la tusse de Prat long, puis de là, à vue, à travers les roches, éboulis, direction sud-est pour rejoindre la base du petit glacier de Maupas, au pied du pic de Boum, bien visible. L'ensemble est vaguement cairné. Là, on contourne par la gauche la ligne de crête escarpée et raide qui vient du sommet, pour remonter le versant et arriver de suite à droite sur la partie finale, en recollant sur le dessus de cette dernière crête. Les cairns nous y maintiennent proches. Jusque là rien de vraiment compliqué. La seule difficulté résidera dans les dix derniers mètres où l'on doit escalader une petite cheminée (3 mètres) très exposée sur le versant nord.
Photo 4 : Le cliché de la dernière partie n'est pas terrible car mon zoom est sans cache protecteur (hum...). Parfois, j'oublie de l'essuyer.  Il faut donc suivre la crête sur la droite! Pour arriver là...
Photo 5 : J'ai réellement pris la photo ainsi!
 Quelques acrobaties plus tard, on est au sommet où le panorama sur le massif de la Maladeta, le Luchonnais et les montagnes du Couserans... L'heure matinale et le soleil de face découpent les lignes de crêtes vers le sud-est. Le retrait du petit glacier de Maupas dégage des petits lacs qui parsèment le haut de ce versant, tout en gardant en vue au dessous les lac bleu et lac vert. Ce coin mériterait vraiment une visite plus poussée.
Photo 6 : Depuis le sommet, vue sur le Maupas à droite et le Perdiguère à gauche.
 Pour redescendre depuis le refuge, il y a plusieurs possibilités. J'opterai pour celle proposée par le gardien à savoir, le sentier qui fait le tour du cirque des Crabioules par la cabane de Prat Lasloué et les anciennes mines de Crabioules avant de plonger dans la belle forêt du bois de Lis rouge, passant au dessus du gouffre d'Enfer. Cela permet de faire une boucle.
Une bien belle promenade sur deux jours par un temps estival.
Photo 7 : Peu après la cabane de Prat Lasloué, vue sur le cirque de Crabioules, le Maupas et à gauche, le refuge. Mais là, c'est à vous de chercher.

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