vendredi 19 août 2022

L'étang des Bésines (09) presque à sec...

 


    Mauvaise surprise, odeur de vase... L'étang de retenue des Bésines n'est pas très profond, à peine six ou sept mètres en temps normal. Mais là, il ne reste plus grand chose... 

    Le barrage est cependant venu sur-élever un étang à la réputation très poissonneuse.


Photo1:  Vue depuis le barrage, vers l'amont. Au fond le pic des Bésineilles...


Photo 2 : Près du barrage.

Photo 3 : D'un peu plus près...

Depuis l'Hospitalet près l'Andorre

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mercredi 17 août 2022

Le tour des Aiguilles de Chambeyron (04) dans la haute vallée de l'Ubaye, depuis le Queyras (05)

    C’est chaque année la même histoire, alors que je laisse un peu mes chères Pyrénées pour rejoindre les Alpes. J’ai beau être très attaché aux premières, c’est toujours un choc esthétique que de parcourir les sentiers des secondes dans les Hautes-Alpes et cette fois-ci aussi les Alpes de Haute-Provence. Au départ du refuge de la Basse Rua, à quasi 1800 mètres d'altitude, dans le Guillestrois (05), l’itinéraire ici arpenté, en 4 étapes, nous ramènera dans la vallée voisine de Ceillac dans le Queyras, après avoir fait le tour des aiguilles de Chambeyron, point culminant des Alpes de Haute Provence à 3412 mètres d’altitude, plus au sud, par la haute vallée de l’Ubaye et une petite pirouette dans les vallées italiennes voisines pour y revenir (l'itinéraire est tracé sur la carte IGN adéquate) et passer la dernière nuit finalement à Maljasset.

Photo 1 : Sur le versant italien, le lac dont je ne connais pas le nom (il n'est pas sur la carte IGN) dans la Montagna di Stroppia. Le rocher à droite en cache un autre... Et les sommets de la ligne de crête en arrière plan dépassent les 3000 mètres.

          Maljasset où le chaleureux et très accueillant refuge du CAF, repris cette année par la nouvelle patronne italienne s’est avéré un formidable endroit pour terminer le périple. Et si l’on est sûr d’une chose, c’est que si on a réellement manqué d’eau au long de ce parcours en cette année 2022 de sècheresse exceptionnelle par sa sévérité, on n’a pas manqué la très bonne eau de vie de poire proposée en ce lieu. Ça n’aide certainement pas à la ré-hydratation... Mais réellement on a pu relever la baisse de niveau d’eau importante de nombreux lacs d’altitude (souvent de 4 ou 5 mètres), des sources taries, des torrents ou ruisseaux à sec ou alors passés sous les rochers et inaccessibles. De mon expérience de la montagne, jamais je n’avais connu une telle sècheresse, avec du coup si peu de fleurs (des edelweiss tout de même...) et il a fallu réellement gérer nos ressources en eau au quotidien sur les sentiers. Le seul avantage à cette bizarrerie climatique de moins en moins fréquente, c’est qu’on a pu se baigner dans les nombreux lacs et étangs d’altitude, dans des cadres réellement très beaux.

Photo 2: Dans la soirée, vue imprenable sur les aiguilles de Chambeyron et à droite au fond le Brec de Chambeyron.

        Dès le soir de la première étape, après avoir installé le bivouac, dans le vallon des Houerts, au pied du très beau lac vert (2677m), en contrebas du col des Houerts, 2823m, franchit plus tôt, à l’heure où le soleil se cachait derrière les hauts sommets du pic des Houerts, les mouflons (probablement ceux que nous avions aperçus plus haut plus tôt) ont détaché leur silhouette sur le ressaut morainique qui semblait alors dessiner comme une ligne de crête, hésitant certainement à descendre s’abreuver au ruisseau près duquel nous avions installé nos tentes. Le lendemain matin, alors que le soleil se levait après avoir fait son tour nocturne, une harde s’est mise à remonter le versant à travers les éboulis et sous les couloirs du pic de Panestret. Un des mâles dominants, majestueux, avait déjà donné sens à ce mouvement me surplombant à vingt mètres tout au plus alors que j’étais complètement à poil dans le torrent pour me laver, sans savon, dans l’eau fraîche et revigorante du matin. Ces immenses cornes m’ont fait accélérer le mouvement pour me rhabiller alors que je l’imaginais tentant de m'embrocher après avoir essayé de fuir dans la nature. Les premiers randonneurs remontent aussi le sentier vers le col des Houerts (2817m), certains râlant à voix haute en voyant notre campement en train d’être défait, « Bientôt on montera en camping-car jusqu’ici... » et d’autres nous racontant, des lumières pleins les yeux qu’ils ont vu la harde plus bas au lever du jour, mangeant dans le replat herbeux à côté du torrent près de la cabane des Houerts où ils avaient passé la nuit. Mais pas de troupeaux domestiques dans les parages. La vue depuis notre camp sur la face nord du massif des Aiguilles de Chambeyron était à proprement extraordinaire tant celles-ci, au couchant avec les contrastes de lumière liés au déclin progressif des rayons, nous sont apparues dans toute leur austérité et sauvagerie minérales, affublées de pointes toutes aussi menaçantes les unes que les autres, dans des dégradés de marron, me laissant penser à ces montagnes maudites que les populations montagnardes jusqu’à la fin de l’époque moderne côtoyaient et craignaient sans vraiment y accéder. 

Photo 3: Le fameux lac Vert (de Houerts) sous le col des Houerts. Le lac Bleu est quant à lui à gauche hors cadre.

        Pour arriver au soir du deuxième jour, il a donc fallu poursuivre la descente vers la haute vallée de l’Ubaye que j’ai trouvé beaucoup plus belle et spectaculaire que me l’avait laissé imaginer les lectures des cartes topographiques avec ses immenses forêts de pins sur les versants abrupts… En redescendant vers des lieux plus accueillants passant devant la petite chapelle de Saint Antoine, traversant le pont des gorges du Châtelet large de 27 mètres à peine, qui surplombe l’Ubaye d’une centaine de mètres (108)… depuis lequel la vue sur les derniers hameaux de Saint Paul sur Ubaye est intéressante, on remonte ensuite l’itinéraire du GR5 vers le longiligne hameau d’estive de Fouillouse (cher à l'Abbé Pierre dont la branche paternelle est originaire), ancien chemin stratégique vers la frontière italienne, et donc à ce titre surveillé par l’administration (des douanes notamment...), aujourd’hui lieu de villégiature touristique, et on se prend à programmer une descente vers le sud et la mer pour poursuivre une hypothétique traversée des Alpes. On continuera ensuite la montée par un large chemin facile vers les étangs de Chambeyron après avoir fait une pause méritée au refuge du même nom situé, face au lac Premier, entre le Brec de Chambeyron, considéré du haut de ses 3389 mètres d'altitude comme inaccessible jusqu’en 1878, et les parois des aiguilles précédemment évoquées mais cette fois-ci en version versant sud pas forcément plus accueillant mais dominant le bassin lacustre des nombreux lacs situés par là, et notamment le grand lac (de 11 hectares) des Neuf Couleurs si haut à 2841 mètres d’altitude. C’est vrai qu’on est haut! Tous les cols franchis était à quasi 2700 mètres. La deuxième nuit fut douce, quelques gouttes de pluie sur la tente, c’est tout… L'article wikipedia, bien que les informations n'y soient pas vérifiées par un comité de lecture, rappelle le lien étymologique entre le mot valéian Chambeiroun, désignant des guêtres ou des petites jambières et le toponyme du massif, sachant que ce dernier était un lieu de passage important avec le Piémont italien voisin.

Photo 4: En redescendant dans la vallée, la petite chapelle de Saint Antoine, sur les chemins anciens qui menaient aux cols alpins, a été construite à la fin du 18ème siècle. Son clocher campanile date lui de 1819. Le thème de Saint Antoine de Padoue intercédant auprès de la Vierge pour les âmes du purgatoire, déjà traité à l'intérieur, a été copié en façade en 1811 (depuis déposée et refaite en 1992)

        Troisième journée et morceau de bravoure de ce périple avec le passage côté italien, dans les hautes vallées de Chiappera, par la montagne de Stroppia, car il s’agit bien de contourner cet ensemble austère que constitue le massif des aiguilles de Chambeyron, principalement calcaire, pour arriver à Maljasset, petit hameau très harmonieux et un des plus hauts lieux d’habitat d’Europe à plus de 1900 mètres d’altitude dans la partie supérieure de la vallée de l'Ubaye. On est donc déjà haut alors le col suivant, celui de Gippiera (2948m), est atteint en à peine une petite trentaine de minutes, et comme cela ne me suffit pas car j’aime admirer les panoramas, je me permets de faire, de manière complètement euphorique, l’ascension de la Tête de la Fréma à 3151 mètres d’altitude, de laquelle descend un groupe d’adolescents italiens guillerets qui me met de bonne humeur, enfin qui l’accentue… Ce sera le deuxième des trois petits sommets (tous à plus de 3000 mètres) dont l’ascension sera possible et facile sur ce circuit et qui permettent de nuancer finalement les panoramas sur ces hauteurs, même si à aucun moment je n’ai pu voir le Mont Viso, si haut et tant recherché dans les nuages (les Écrins et Rochebrune l'ont été). Ce passage entre le col de Gippiera et le col de Marinet (2787m) ce dernier à nouveau en territoire français, permet un itinéraire sauvage, moins fréquenté, franchissant des passages aménagés un peu plus vertigineux après celui de(l) Infernetto (petit enfer...), gravissant la dernière partie sous le col(le) de Ciaslaras à 2972 mètres, sous le pic du même nom (3011m), qu’il faut dépasser après une ascension de 200 mètres de dénivellation très raide, au bout du vallone dell’infernetto, en économisant l’eau que l’on ne trouve de toute façon pas dans les torrents (car ils sont à sec) et en se détournant de celle des lacs. On évitera donc de la boire mais on ne se fera pas l’économie de se baigner dans le merveilleux lac de … (voir photo 6) et son eau laiteuse et rafraichissante. De retour en territoire "national" (les sentiers y sont forcément de suite meilleurs...), nous ne manquerons pas de nous baigner à nouveau dans le lac du Marinet plus fréquenté, de boire de l’eau (un peu) dans un torrent (enfin un vrai !), qui semble venir du glacier de Marinet, en net recul (rien d'étonnant ici ou ailleurs) mais tout de même il est le plus méridional des Alpes françaises, autour duquel de nombreuses crottes de biques parsèment les pelouses. Ça c’est pas bien, je sais… je ne le conseille à personne. Le troupeau de brebis, de chèvres est juste là en dessous avec ses chiens de garde patous qui surveillent (les Pyrénées ne sont jamais loin…) qu’on aimerait bien aller caresser et prendre dans nos bras comme des peluches (on sait bien que ce ne sont pas des peluches car ils se battent contre les loups) mais que des pancartes d’information nous rappellent bien de n’approcher ou croiser qu’après avoir pris certaines précautions : enlever ses lunettes de soleil, ne pas regarder les chiens dans les yeux (il ne faut pas les défier...), placer ses bâtons de marche le long de son corps et si possible les appeler par leurs doux noms comme c'est ici indiqué sur la pancarte, le prénommé (le seul dont je me rappelle) parmi les trois autres Didier, Didier le patou…

Photo 5 : Depuis le chemin qui monte vers la Tête de la Fréma, vue sur le lac italien le lago del Vallonas di Stroppia. Au bout du lac les plus observateurs repèreront le petit refuge/bivouac bleu Beppe Barenghi du Club Alpin Italien de la section de Cuneo (2825m). L'aménagement intérieur impeccable n'a pas été sans me rappeler ceux que l'on peut trouver en Catalogne espagnole. Notre itinéraire contournera le petit sommet dans l'ombre avant de filer... (voir image ci-dessous)


Photo 6: À peine une trentaine de minutes plus tard, alors que l'ambiance est toujours aussi minérale et asséchée, le merveilleux petit lac de ... (à vous de le chercher). Parfait pour la baignade...

        Enfin, la dernière étape nous permettra de rentrer sur Ceillac après avoir franchi le dernier col Girardin à 2699 mètres. La principale difficulté de cette ultime ascension, après une première partie assez raide, sera de ne pas marcher sur les marmottes qui sont là parfois au milieu des sentiers, mais qui ne vous regardent pas, la mâchoire remplie d’herbes fourragères, dodues prêtes à être rôties (mais non j’déconne) préférant faire des réserves pour l’hiver. On retrouve sur le versant nord, côté Queyras, les grandes affluences, près du lac Saint Anne transformé en station balnéaire (c’est un peu normal vu la chaleur), malgré ses plusieurs mètres de niveau d’eau en moins. Nous rejoignons alors les pistes de la station de ski de Ceillac et le très beau lac Miroir un peu plus bas, en voie de comblement peu avancé cependant avec de nombreux végétaux sur ses rives, déjà dans la forêt de pins à crochets, dans laquelle zigzague le beau chemin qui nous ramènera en bas vers Ceillac et le restaurant du cousin d’Agnès, dans lequel une bouteille de vin rouge des Hautes Alpes finira de m’achever !

Photo 7 : Depuis le pic de Ciaslaras (3011m), vue sur le col du même nom, qui fut le point culminant de l'itinéraire si on n'avait pas la manie de grimper sur tous les petits promontoires. Il en avait été de même le premier jour avec la pointe d'Escreins (3038m), au dessus du col des Houerts (je ne sais toujours pas ce que ça veut dire) 

Heureusement, je n'étais pas seul dans cette épopée, et retrouver les joies d'un parcours en groupe, avec des enfants et adolescents notamment, a été un moment vraiment plaisant. Chapeau à Agnès et Arnaud qui avaient préparé la logistique de manière impeccable pour l'ensemble de l'itinéraire, même si bon je me suis coltiné les boîtes de pâté Henaff (il n'y avait pas des bretons pour rien dans le groupe) presque jusqu'au bout... Le choix du parcours m'a paru remarquable (bravo Arnaud car je me suis laissé porter), surtout en peu de préparation. Merci donc aussi aux autres participants car cela m'a permis de ne pas faire trop le sauvage, enfin ce sont les autres (J, V, L, P, J, et A) qui me le diront...

Photo 8: La première rencontre...

Pour se familiariser avec la toponymie locale, on pourra toujours essayer de lire le dictionnaire Le langage de la vallée de Barcelonnette de F. Arnaud et G.Morin (1920). Et puis tant qu'il n'est pas trop tard, et que ce n'est pas loin, il faut aussi visiter l'exposition Gardien des cimes au Centre d'Art contemporain dans la vieille ville de Briançon, dans laquelle les photos de M.Eisenlohr côtoient les tableaux et dessins de C.Galleron dans une mise en scène réussie (à mon goût...).

Petit rappel des étapes:

1/ refuge de la basse Rua- étang vert des Houerts 2/ étang vert- étang long de Chambeyron. 3/ étang Long de Chambeyron- Maljasset. 4/ Maljasset- Ceillac (une carte viendra plus tard). Pour les horaires, vous les  calculerez vous-même avec les cartes topographiques (c'est le mieux).

Et si vous n'en avez pas encore marre de me lire, vous pourrez toujours enchaîner sur le petit chef d'oeuvre de Mathias Debureaux De l'art d'ennuyer en racontant ses voyages, aux éditions Cavatines.

Photo 9: L'itinéraire...

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dimanche 31 juillet 2022

Le Piton de la petite rivière noire (828m), point culminant de l'île Maurice

À regarder l'altitude on se dit que ce n'est pas un exploit que de gravir cette montagne. S'il est vrai que l'ascension ne relève d'aucune difficulté, la beauté du panorama depuis le sommet vous rappellera la vraie raison de votre escapade. La vue sur le Morne Brabant juste à côté, ses lagons et sa côte sublimes mais aussi les montagnes autour de Port Louis la capitale au loin au nord, vous feront penser que si on vient à l'île Maurice surtout pour ses plages, on n'oubliera pas de penser que ses petites montagnes (surtout en comparaison avec celles de l'île soeur voisine de la Réunion) valent franchement la visite et sauront agréablement vous divertir pendant votre voyage. Cette petite île de 1865 kilomètres carrés est un ancien volcan (d'où les sols noirs en basalte principalement) très largement érodée dont il reste quelques formes de relief qui sont les montagnes d'aujourd'hui. Mais celles-ci restent présentes dans l'imaginaire car de toute façon, lorsqu'on regarde les vieilles gravures de Port Louis notamment la capitale, celle-ci est représentée, notamment celles du musée Blue Penny dans la capitale, toujours avec son amphithéâtre montagneux et ses sommets (autres montagnes importantes de Maurice, le Pouce et le Pieter Both).

Photo 1 : Depuis le sommet, la vue sur le Morne Brabant (555m d'altitude) en haut à gauche est un des éléments déterminants pour monter tout là-haut. Au delà, de la beauté de ses eaux turquoises qui l'entourent, celui-ci est célèbre car il est classé au patrimoine mondial de l'humanité sous le nom de "Paysage culturel du Morne" et est connu comme ayant été un lieu de refuge des esclaves marrons qui fuyaient l'oppression esclavagiste et dont un des mythes locaux est le suicide collectif au sommet d'esclaves pourchassés préférant la mort plutôt que le retour à l'esclavagisme...


Photo 2 : La vue sur le sommet du Piton de la petite rivière noire depuis la route, peu à après la distillerie. Il s'agit là plus ou moins du versant sud. En gros on monte par la crête de gauche, pour descendre par celle de droite...

Dans beaucoup de présentations que vous aurez trouvées, il sera indiqué que la dernière partie de l'ascension, les 30 derniers mètres en fait, est difficile, mais vous en jugerez par vous même. S'il est vrai que mes paroles n'engagent que moi, il s'agit juste d'un passage dans lequel le sentier effectivement se relève franchement, mais que la difficulté vient essentiellement de l'érosion due aux précipitations nombreuses qui rendent effectivement le sentier assez glissant, en délitant quelque peu le sol mais que des cordes installées là vous aideront à franchir plus aisément. Il n'y aura pas en soi de difficultés techniques. 

Photo 3: Le voici le passage problématique... et un peu derrière...

Il existe plusieurs itinéraires pour la montée et j'ai choisi de monter par celui au départ du village de Chamarel et du petit col (vers 300 mètres d'altitude) tout près sur la route qui rejoint Grand Case Noyale et de redescendre par l'autre qui arrive (ou qui part) un peu plus haut sur la route de la Plaine Champagne, 500 mètres avant le point de vue sur les gorges de la petite rivière noire. Il y a une borne en pierre qui y marque le début de l'itinéraire. Le seul inconvénient sera qu'il faut une bonne heure de marche le long de la route pour revenir au village et à l'arrêt du bus qui vous ramènera à Baie du Cap puis à Port Louis. Le sentier au départ du col part juste à côté d'un portail vert (à gauche quand on est de face), et on peut facilement passer devant sans le remarquer. Rien n'est indiqué et le chemin n'est pas balisé. À un moment donné il faudra tourner à gauche (une branche au sol barre symboliquement le chemin) dans la forêt. Couvert du début à la fin dans la forêt, l'itinéraire rejoint la voie normale sous le sommet, peu avant le passage terminal. Pour redescendre, on suivra donc le cheminement normal, un peu boueux en ce mois de juillet 2022, qui passe à côté d'une borne marquant la limite entre deux districts (visiblement postaux car dessus il y a d'écrit Post district 1978...) et aboutit sur la route vers 500 mètres d'altitude. Au sommet, un banc peint aux couleurs du drapeau mauricien a été installé pour permettre de profiter du panorama en toute tranquillité, au milieu de la forêt au coeur du parc national de la petite rivière noire

Photo 4 : L'entrée de l'itinéraire normal qui pour nous (enfin moi car j'étais seul...) était la sortie...


Une fois retourné sur la route, après peut-être 3 heures de marche, vous passerez devant la distillerie du célèbre rhum Chamarel qui fait face aux champs de canne

Photo 5 : Bon parce que tout au long de l'itinéraire, on a la possibilité de bénéficier de ces panoramas et de ces visions de rêve sur l'environnement du Morne Brabant. Et que franchement je ne m'en suis pas lassé... (il aurait fallut être un peu blasé...)




samedi 11 juin 2022

Pic de la Coma Pedrosa (2943m) plus haut sommet de l'Andorre.

 Le pic de la Coma Pedrosa avec ses 2943 mètres d'altitude est donc le plus haut sommet d'Andorre et il domine la vallée d'Arinsal de manière abrupte. On voit d'ailleurs depuis le sommet le parking en contrebas où on aura laissé la voiture. Commençant dans la forêt de pins, son ascension d'environ 1400 mètres de dénivellation ne présente pas de difficultés techniques (ça n'engage que moi) car il suffit de suivre le sentier balisé du GR11 jusqu'au dessus de l'estany negre (étang noir) puis prendre à droite jusqu'au sommet, bien visible alors, l'itinéraire que vous aurez choisi car il y en a plusieurs et ils sont bien visibles eux aussi (environ 7 h, 4+3 aller/retour). Cet étang à 2627 mètres d'altitude, d'une superficie d'1,5 hectare et d'une profondeur maximale de 16 mètres, d'après lacdespyrénées.com, est l'un des plus hauts de la principauté.

Photo 1 : Depuis le sentier montant au pic de Baiau (2881m), vue sur la face ouest et voie normale vers le pic de la Coma pedrosa. L'estany negre est en dehors de l'image, hors cadre (...), à droite.

Le panorama est assez large et beau puisqu'il court du pic Carlit dans les Pyrénées-orientales vers l'est au massif de la Maladetta bien visible en ce jour, du Luchonais (et probablement du Néouvielle) vers l'ouest. Enfin, au nord la plaine toulousaine et la montagne noire sont assez bien visibles, tout comme les pré-pyrénées catalanes. Surtout il permet d'avoir une vision d'ensemble sur presque toute la principauté d'Andorre, et ça c'est pas mal aussi. 

Photo 2: L'estany negre, à 2627 m. Encore englacé... C'est sur qu'on est que le 10 juin. Avec ce changement climatique, les rhododendrons sont déjà bien sortis, avec pratiquement un mois d'avance.

Photo 3 : Basses d'estany negre juste sous l'estany negre. Au fond, sur la ligne de crête la portella de Sanfonts.

Étant donné son statut de plus haut sommet, ne vous attendez pas à y être seul, surtout l'été. Mais l'ambiance, comme à chaque fois que j'ai pu y aller, m'a toujours paru agréable et chaleureuse presque comme dans une bodega. Et aujourd'hui, nous n'en aurons pas trop voulu à celui dont la sonnerie du téléphone a retenti avec just a perfect day de Lou Reed. C'est vrai qu'il faisait beau, presque un peu chaud même. Mais cette chaleur nous l'avons évacué dans la descente avec une baignade inattendue et heureuse dans l'eau, si claire et fraîche comme il fallait, de l'estany de les truites, en catalan, (à 2 minutes à pied du refuge de la Coma Pedrosa), qui porte si bien son nom (quelques truites fario venaient à la surface et le long de la rive). Quand nous avons vu la clarté et la beauté de l'eau entre le vert et le bleu, comme souvent en Andorre, je n'ai pas résisté. Et hop un petit plongeon... Si vous voulez un peu de solitude vous pourrez toujours grimper au sommet voisin le pic de Baiau (2881m) distant de 300 mètres du pic de la Coma pedrosa (à vol d'oiseau bien sûr hahaha...), avec vue sur les étangs du même nom sur le versant espagnol. Ce que j'ai aimé aussi c'est d'y trouver le patrimoine pastoral d'altitude en partie restauré et mis en valeur.

Photo 4: Estany de les Truites, à deux pas du refuge de la Coma pedrosa vers 2250 mètres d'altitude.

On pourra toujours alors rappeler que la première ascension documentée de cette montagne date de 22 septembre 1858 par une commission hispano-andorrane chargée de délimiter la frontière. On pourra ajouter également que Coma veut dire en catalan vallée, ici vallée glaciaire servant de pâturage d'estive, et que pedrosa vient du latin pierre. Finalement ce serait donc le "pic au dessus de la vallée pierreuse". En tout cas, situé dans le parc naturel communal de la Coma Pedrosa, d'une superficie d'environ 15 kilomètres carrés, cet espace est directement accessible depuis le bas de la vallée en transport en commun (ligne 5). La principauté d'Andorre, densément peuplée dans ses fonds de vallées, est moderne...

Photo 5: Au niveau de l'embranchement vers le refuge, au niveau du collet de Coma pedrosa, on peut apercevoir sur l'autre rive les vestiges pastoraux restaurés par la commune de La Massana. La cabane est construite selon la technique ancestrale de la pierre sèche et l'enclos à côté sert à garder les bovins en cas de problèmes météorologiques notamment. En Andorre, d'une manière générale, le patrimoine pastoral d'altitude est préservé et restauré.

Photo 6: Fin de printemps...

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